2 min de lecture

"Le consommateur devrait payer ces surcoûts" : pourquoi produire trop d'électricité est une mauvaise nouvelle

Alors que le pays produit désormais plus d'électricité qu'il n'en consomme, le gouvernement dévoile sa stratégie pour équilibrer la production entre nucléaire et énergies renouvelables.

Une ampoule électrique. (Illustration)

Crédit : JOEL SAGET / AFP

Il va falloir résoudre un paradoxe: il y a trop d'électricité en France

00:03:25

François Lenglet - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

Ce jeudi 12 février 2026, Sébastien Lecornu va expliquer comment la France va produire l'électricité dont elle a besoin pour les années à venir. Actuellement, le pays en produit trop. Une situation surprenante, puisqu'il y a quatre ans, le gouvernement demandait aux Français de faire attention en raison du début de la guerre en Ukraine. 

Depuis 2018, la consommation d'électricité en France ne cesse de chuter, alors que les moyens de production augmentent avec l'installation de capacités éoliennes et solaires. Elle chute pour de bonnes raisons via l'augmentation de l'efficacité énergétique, mais également pour de mauvaises raisons à cause de la faible croissance et de la délocalisation des industries très consommatrices d'énergie. 

La France consomme 450 TWh par an, équivalent à 450 milliards de kWh. En 2012, le chiffre était à 480. L'objectif de la programmation de l'énergie [PPE], présentée par le Premier ministre ce 12 février 2026, est de trouver la meilleure trajectoire d'investissement. Mais cela a été laborieux à élaborer, parce que la droite et l'extrême droite sont contre les renouvelables, jugés trop coûteux. 

Tandis que la gauche et l'extrême gauche veulent réduire le nucléaire. C'est la guerre de religion. Parce qu'il y a plusieurs enjeux importants dont le fait de réduire la dépendance énergétique du pays, décarboner, satisfaire la demande, développer des emplois et les filières industrielles françaises. 

Le processus de la modulation

Trouver le bon équilibre entre nucléaire et énergie renouvelable est compliqué. Et ceux pour une raison inattendue, car le management d'un réseau mixte est difficile. Le solaire et l'éolien est par nature intermittent. Dès lors qu'il y a du soleil et du vent, la production d'électrons s'emballe, il faut donc faire ralentir les réacteurs nucléaires. 

À écouter aussi

À l'inverse, quand le soleil se couche ou que le vent se calme, il faut les relancer, parfois jusqu'à deux fois par jour. Ce processus est appelé la modulation. Une sorte de stop and go qui fait vieillir prématurément certains équipements qui nécessitent leur remplacement, selon un rapport EDF. Le surcoût d'entretien lié à la modulation pourrait représenter plusieurs milliards d'euros annuels, auxquels s'ajoutent les six milliards d'euros que devraient coûter les renouvelables en 2026. 

La France figure parmi les producteurs d'électricité les plus décarbonés au monde

Paradoxalement, elles bénéficient d'un prix garanti. Produire trop d'électricité, peut coûter extrêmement cher. Le consommateur devrait donc payer ces surcoûts. Le gouvernement va sûrement annoncer que la France va réduire la voilure sur l'éolien terrestre et sur le solaire, tout en maintenant les capacités prévues pour l'éolien offshore, celui qui est installé en mer. 

Sébastien Lecornu devrait également confirmer la construction des six premiers nouveaux réacteurs nucléaires. Selon EDF, cela représente 72 milliards d'euros. La France figure parmi les producteurs d'électricité les plus décarbonés au monde. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée