2 min de lecture

"L'échec du SCAF n'est qu'un symptôme" : pourquoi la remilitarisation de l'Allemagne est-elle un problème pour la France ?

Le projet SCAF, la coopération franco-allemande dans le domaine de la défense, semble voué à l'échec. Alors que l'Allemagne envisage de rejoindre un projet concurrent avec le Royaume-Uni, le Japon et l'Italie, les tensions entre Paris et Berlin s'intensifient.

Le chancelier conservateur Friedrich Merz et Emmanuel Macron en 2024

Crédit : AFP

Pourquoi le réarmement massif de l'Allemagne fait de l'ombre à la France

00:03:10

Pourquoi le réarmement massif de l'Allemagne fait de l'ombre à la France

00:03:10

François Lenglet - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Voilà, c'est fini. Le système de combat aérien du futur (SCAF), autrement dit l'avion chasseur successeur du Rafale, qui devait être construit par la France et l'Allemagne devrait ne pas voir le jour. Ce projet, lancé en 2017 par Angela Merkel et Emmanuel Macron, patine. Au cœur du sujet, les Français de Dassault, sont les seuls à avoir l'expertise industrielle de niveau mondial, et pourtant, l'Allemagne ne supporte pas que la maitrise d’œuvre totale lui soit confiée. D'où des querelles incessantes.

Il y a trois jours, la France apprenait que les Allemands pourraient rejoindre le projet d'avion concurrent, où Royaume-Uni, Japon et Italie sont associés. Le 12 février 2026, Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, déclarait que ce ne serait la fin du monde si le SCAF ne se faisait pas. En clair, le divorce s'achemine.

L'échec du SCAF n'est qu'un symptôme. Le fond du sujet étant que l'Allemagne est engagée dans la remilitarisation et la reconquête industrielle d'un des rares secteurs qu'elle avait abandonné après la guerre. Elle estime ne plus avoir besoin de la France en matière de défense, et cela peut changer l'Europe. 

Un retournement de situation dû à deux éléments

D'abord, l'Allemagne a de l'argent pour se remilitariser, contrairement à la France. Alors que l'Hexagone va passer le budget de la défense à 67 milliards d'euros en 2030, le voisin allemand sera à 170 milliards d'euros, trois fois plus. Berlin réussi cela grâce à leurs marges de manœuvres financières, que la France n'a plus. Emmanuel Macron a fait sauter la caisse pour rembourser le Doliprane et les factures d'électricité.

Deuxième élément, l'inhibition qu'avait l'Allemagne en matière d'armement, à cause de la guerre, s'évapore. Et cela d'autant plus que les États-Unis exhortent l'Europe à assumer leur propre défense. 

Un double problème pour la France

Premièrement, Paris va trouver un concurrent puissant sur les marchés de l'armement à l'export. Le secteur militaire était jusqu'ici l'un des seuls où l'excellence française était sans égale en Europe.

Deuxièmement, une Allemagne possédant une armée puissante n'a jamais été une bonne nouvelle pour l'Europe. L'histoire l'a prouvé. Qui sait ce qui est possible si un parti nationaliste comme l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) arrive au pouvoir ? Un article du magazine américain Foreign Affairs évoquait même la possibilité de revendications territoriales de la part de Berlin, vis-à-vis de Paris et de Varsovie. Invraisemblable ? Pas plus qu'un président américain revendiquant le Groenland. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info