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L'appli Yuka condamnée à payer 20.000 euros aux industriels de la charcuterie

L'application avait incité ses membres à signer une pétition contre les nitrates et les nitrites.

L'application Yuka scanne les articles et délivre une note en fonction de la liste des ingrédients.
L'application Yuka scanne les articles et délivre une note en fonction de la liste des ingrédients.
Crédit : Yuka
Pourquoi la justice condamne Yuka à payer 20.000 euros de dommages-intérêts ?
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Une plainte de l'industrie de la charcuterie fait condamner l'appli Yuka
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Martial You - édité par Marie Gingault

Yuka est menacée de disparaitre car la justice vient de donner raison aux industriels de la charcuterie, et les amendes pourraient mettre l'application mobile à terre. L'E250, ce code indéchiffrable dans la liste des ingrédients de votre jambon emballé ou de votre pot de rillette est le nitrite de sodium. L'E252 est du nitrate de potassium.

Ce sont des additifs qui ont été classés comme cancérogènes par l'OMS et le Centre International de Recherche Contre le Cancer. Yuka, de son côté, est une application que vous avez sur votre portable et avec laquelle vous scannez le code-barres de votre produit. Yuka analyse les ingrédients et donne une note pour savoir si la nourriture est plus ou moins bonne pour la santé. Évidemment, les aliments avec des ingrédients reconnus comme cancérogènes obtiennent une très mauvaise note. C'est le cas de beaucoup de produits de charcuterie industrielle.
 
Mais ce n'est pas ça que la justice a condamné, et c'est là que c'est subtil. Les industriels attaquent Yuka car l'application a incité ses membres à signer une pétition de l'ONG Foodwatch contre les nitrates et les nitrites. Les industriels ont ainsi expliqué que c'était du dénigrement, que cela nuisait à leur image alors qu'ils respectent les normes sanitaires internationales et que cela réduisait leur chiffre d'affaires.

Erreur de stratégie

Résultat : le tribunal de Paris a validé l'argument et Yuka a été condamnée à verser 20.000 euros de dommages et intérêts. Des actions du même ordre ont lieu un peu partout en France. Le souci, c'est que l'application dégage un bénéfice de 20.000 euros. Le groupe va faire appel mais sinon, le lobby de la charcuterie industrielle pourrait avoir la peau de Yuka.
 
Les fondateurs de Yuka (3 jeunes français brillants) ont peut-être fait une erreur de stratégie.
Il s'agit d'une application, un outil, un thermomètre : Yuka donne une note scientifique en fonction des ingrédients qui composent un aliment. Ainsi, l'application est donc crédible si elle est neutre. En incitant à soutenir une action contre les nitrites et les nitrates, Yuka devient militant et sort de son rôle.

C'est là que l'application prête le flanc à ses détracteurs. Alors que tous les industriels ont commencé à proposer des produits "sans nitrite", à grand renfort de communication sur l'emballage car la nocivité est avérée.

L'influence de Yuka

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En effet, l'application traduit une tendance de fond de la société. Le consommateur est un "conso-smarteur". Il achète avec son téléphone portable, il recherche la qualité quitte à payer plus cher.

Nous sommes dans l'ère du digital et de la notation, c'est bien sûr un outil anti-marketing et les grands noms de l'agro-alimentaire n'aiment pas du tout. Yuka rassemble 1 client de grande surface sur 4, soit 23 millions d'utilisateurs. Les fondateurs assurent que 9 fois sur 10, la note de l'application influence l'acte d'achat.

En 2019, Intermarché avait indiqué qu'il allait changer 900 recettes de produits qu'il fabriquait sous sa marque pour améliorer la note sur les applications Yuka. Avec ce genre d'outil, le consommateur devient plus intelligent et plus indépendant et ça, ça n'est pas bon pour le commerce.

Le plus : Europcar pourrait tomber dans le giron de Volkswagen

En tout cas, le constructeur automobile allemand est sur les rangs. Europcar est en difficulté depuis de nombreux mois et, encore plus, à la suite du confinement de 2020. Et Volkswagen veut devenir une entreprise de service autour de la voiture et pas uniquement un fabricant dans les années qui viennent.

La note : 15/20 aux quadras

Une étude Empruntis Seloger qui sort aujourd'hui et que je vous donne en avant-première montre que 1/4 de ceux qui achètent un bien immobilier pour la première fois sont des quadras. Le profil des plus de quarante ans intéresse les banques : ils ont plus d'apport, 1 sur 2 mûrit son projet depuis plus d'un an et ils empruntent sur des durées un peu plus courtes. Qui plus est, 1/3 engage ensuite des travaux pour un montant plus élevé que les trentenaires : 82.000 euros.

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