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"Ils captent seulement 8% des bénéfices de la grande consommation" : l'amendement proposé par Olivier Dauvers pour sauver les agriculteurs français

Sur 100 euros dépensés par les consommateurs, les agriculteurs français ne perçoivent que 8 euros, selon le rapport sénatorial sur les marges des industriels de la grande distribution publié jeudi 21 mai 2026, qui fait gronder les patrons des grandes enseignes de supermarché. Le secteur agricole national a besoin d'un coup de pouce.

Olivier Dauvers sur RTL, le 26 mai 2026.

Crédit : RTL

Rapport sénatorial : pourquoi les patrons de la distribution sont vent debout

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Rapport sénatorial : pourquoi les patrons de la distribution sont vent debout

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Olivier Dauvers - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Sénateurs et patrons de la grande distribution s'écharpent autour du dernier rapport sur les marges des industriels de la filière alimentaire, publié jeudi 21 mai 2026 par le Sénat. Selon ce rapport, les groupes Carrefour, Leclerc et autres s'offriraient des marges démesurées. 

Les conclusions du texte montrent également un fort déséquilibre au sein des différents maillons de la chaîne alimentaire. Sur 100 euros dépensés par les consommateurs, 8 euros sont reversés aux agriculteurs, 14 aux industriels et transformateurs, 35 aux importations et 40 euros (40%) reviennent à la grande distribution. 

Quand on présente les chiffres ainsi, on a évidemment envie de prendre des mesures immédiates. Mais la réalité est bien plus subtile.

Les géants des supermarchés ne sont pas les seuls concernés

Ces 40% attribués à la grande distribution agrègent tous ceux qui nous vendent des produits alimentaires, et ne comptent pas uniquement les géants de la grande distribution. On retrouve également les autres commerces alimentaires, snacks et marchés, mais également la restauration et les cantines. 

À écouter aussi

Dire que la grande distribution s'accapare 40% de la valeur des ventes est un brin simpliste. Le rapport sénatorial, qui voulait se payer les grands distributeurs, a réussi sa mission.

La faible part destinée aux agriculteurs (8%) s'explique par la domination des importations aujourd'hui. Celles-ci ne rentrent pas dans ce pourcentage qui revient aux agriculteurs français. Par exemple, quand vous commandez un steak haché dans un snack et que cette viande vient d'Allemagne ou des Pays-Bas, la part qui revient à l'agriculteur français est de 0%. 

Un amendement pour soutenir l'agriculture française

Si l'on veut faire progresser cette part agricole française - dans la lignée de l'examen de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale en ce moment - je vais vous proposer un amendement. 

Celui-ci consisterait à ce que toutes les marques de distribution alimentaire et enseignes de restauration publient une fois par an la part de la matière première agricole française dans ce qu'elles ont vendu. Ces dernières ne peuvent pas y échapper car elles disposent de cette information, ou via leurs fournisseurs. 

Le simple fait de rendre publique cette part est intéressant, mais cela permettrait surtout de pouvoir comparer les marques entre elles, afin que la part agricole française devienne un élément de choix dans les décisions des consommateurs. En clair, le sujet n'est pas de savoir combien gagnent les enseignes de la grande distribution, mais combien gagne le paysan, car c'est lui qui connaît des difficultés aujourd'hui.

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