2 min de lecture

"La gratuité est trompeuse, injuste et inefficace" : François Lenglet agacé par les repas à 1 euro et les transports gratuits

Pour l'éditorialiste économique la gratuité est "la plaie des politiques publiques". François Lenglet s'appuie sur un rapport de la Cour des comptes qui porte un œil critique sur la gratuité des transports publics dans les grandes villes.

Sécurité sociale : une carte Vitale (illustration).

Crédit : FRED TANNEAU / AFP

Repas étudiant à 1 euro : les illusions de la gratuité à la française

00:03:17

Repas étudiant à 1 euro : les illusions de la gratuité à la française

00:03:17

François Lenglet - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

La gratuité est à la fois trompeuse, injuste et inefficace. Elle est la plaie des politiques publiques, qui est malheureusement largement utilisée en France, autant par la gauche que par la droite. Le repas étudiant à un euro est par exemple trompeur puisque le vrai prix d'un repas n'est pas celui-ci, même en collectivité.

Le contribuable doit ainsi payer le reste. C'est aussi le cas pour les transports publics ou encore pour les services de santé. La gratuité n'est jamais qu'un transfert de facture de l'utilisateur vers le contribuable, et en général, c'est la même personne. 

La gratuité est injuste car la collectivité fait le même effort budgétaire pour tous, sans tenir compte du niveau de revenu des bénéficiaires. Les étudiants vivant chez leurs parents avec de bons revenus n'ont aucune raison d'être subventionnés. Il est absurde de leur consentir l'allocation logement.

Les transports gratuits, fausse bonne idée ?

Le système initial, mis en place par Jean Castex lorsqu'il était à Matignon, était bien plus restrictif, puisqu'il réservait la gratuité aux étudiants boursiers, ou à ceux qui bénéficiaient d'une aide sociale. Il est d'autant plus contestable de dépenser près de 100 millions d'euros pour cette aide universelle alors que le pays est en déficit budgétaire. Elle est inefficace.

À lire aussi

La Cour des comptes s'est penchée récemment sur les transports publics gratuits, mis en place dans une quarantaine de villes, de Dunkerque à Montpellier.

Au bout de quelques années, le bilan n'est pas forcément positif. Le nombre de voyageurs a augmenté, mais la collectivité n'a pas les moyens d'investir davantage, étant privée des ressources fournies en principes par l'usager. Ainsi, la qualité se dégrade et les voyageurs qui ne payent pas sont moins attentifs. 

La gratuité n'est qu'apparente

Certes la santé gratuite en France, ou très peu payante est une bonne chose, encore faut-il se souvenir que, la gratuité n'est qu'apparente. Les Français payent la sécurité sociale de deux façons, avec les charges sociales qui frappent les salaires, et avec les impôts qui un jour ou l'autre épongeront le déficit de 24 milliards d'euros cette année.

Dans un système quasi-gratuit pour tout le monde, le seul moyen de limiter les dérapages de consommation étant d'organiser délibérément la pénurie de l'offre, en la restreignant. Ce que fait la France. S'il y a une pénurie de médecins et parfois de médicaments, c'est à cause de la gratuité du système. Le paiement d'une franchise médicale, pour ceux qui le peuvent, serait certainement bien plus efficace. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée