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"Au niveau intimité, c'est très compliqué" : "année noire pour le logement", les Français de plus en plus nombreux à être contraints de vivre chez un proche

La Fondation pour le logement des défavorisés évoque une "année noire" en 2025. Comme beaucoup de Français, Yann, chauffeur-livreur en CDI, est contraint de vivre chez sa sœur avec sa fille de 2 ans et demi.

Yann et sa fille de 2 ans et demi, accueillis chez sa sœur. En 2025, le mal-logement s'est aggravé en France

Crédit : Léna Ménager/RTL

"Ce n'est pas une chambre d'enfant ça" : Yann, 36 ans, vit dans le salon de sa sœur

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Léna Ménager - édité par Jérémy Billault

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Le mal-logement sera sans doute l'un des enjeux des prochaines élections municipales. Plus d'un million de personnes ne disposent pas de logement personnel, selon les estimations de la Fondation pour le logement des défavorisés, parmi lesquelles 350.000 n'ont pas de domicile et sont hébergées en centre d'hébergement ou sont sans abri (40.000 personnes) et 600.000 "sont hébergées chez des tiers de manière contrainte".


Les mauvais chiffres s'accumulent et "tous les indicateurs se dégradent et la réponse politique est loin d'être à la hauteur", accuse le 31ᵉ rapport sur le mal-logement de la Fondation (ex-Abbé Pierre), qui évoque "une année noire sur le front du mal-logement". 

En 2025, 2,8 millions de ménages étaient en attente d'un logement social contre 2,1 millions en 2017, un record selon ce rapport de la fondation

"Ça n'est clairement pas une chambre d'enfant, ce n'est pas l'idéal pour une petite fille de 2 ans et demi.

Yann, au micro de RTL

Dans l'attente d'un logement social, la solution reste parfois de dormir sur le canapé d'un ami, d'un proche. C'est le cas de Yann, dont RTL a pu recueillir le témoignage et pour qui la situation devient difficile à vivre. Ce chauffeur-livreur de 36 ans vit dans le salon de sa sœur, à Ormesson-sur-Marne, avec sa petite fille dont il a la garde une semaine sur deux.

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La situation dure depuis un an maintenant. Eva n'a pas eu le choix : si elle n'accueillait pas son frère Yann avec sa fille, ils risquaient tous deux de finir à la rue. 

Yann et sa fille de 2 ans et demi, accueillis chez sa sœur. En 2025, le mal-logement s'est aggravé en France

Crédit : Léna Ménager/RTL

La petite fille dort dans une chambre "multifonction", une pièce servant de bureau et de buanderie. "On fait comme on peut". "Ça n'est clairement pas une chambre d'enfant, déplore le père de famille. Comme vous pouvez le voir, il y a un matelas à même le sol, des cartons pour éviter qu'elle se cogne ou qu'elle tombe du lit... Donc, ce n'est pas l'idéal pour une petite fille de 2 ans et demi".

"Dans le parc privé, ils demandent trois fois le loyer"

Au rez-de-chaussée, dans un renfoncement du salon, le canapé-lit est resté déplié. "Je dors là", nous explique Yann. Entre la télévision et les jouets pour enfants, une situation difficile à vivre pour ce père de 36 ans. Impossible d'installer une porte, "au niveau intimité, c'est très compliqué". "Je ne peux pas non plus ramener qui je veux à la maison ou rentrer à n'importe quelle heure". Yann espère trouver un appartement deux pièces avec une vraie chambre pour sa fille.


Après une séparation avec sa compagne, la mère de sa fille, Yann s'est lancé à la recherche d'un appartement. Depuis, ce chauffeur-livreur a envoyé des dizaines et des dizaines de candidatures à des agences immobilières. Mais à chaque fois, son dossier n'est pas retenu.

"Moi, je suis tout seul, je n'ai qu'un seul salaire, ça peut être très compliqué", concède-t-il, même s'il est en "CDI depuis un petit moment, à 1600 euros net". Son beau-frère Nicolas accepte pourtant de se porter garant. "Dans le parc privé, ils demandent forcément trois fois le loyer, explique-t-il. Sur un deux-pièces dans le coin, on est à peu près sur 800 à 900 euros. Donc il faudrait gagner 2.500, 2.600 euros".

Un stress pour les enfants

Yann a demandé un logement social, là aussi en vain. Sur le frigo de la cuisine, une feuille est accrochée avec un aimant. Un rendez-vous y est noté au feutre rouge, "pour ne pas oublier, rendez-vous avec la CCAS (Caisse centrale d'activités sociales) pour rencontrer une assistante sociale et pour essayer de trouver des solutions".

"On se dit, en fait, qu'est-ce qu'il faut faire, s'interroge-t-il. Là, si je leur dis, 'demain, je dors sous un pont avec un enfant de 2 ans et demi', ça pourrait peut-être accélérer les choses, mais ce n'est pas le but". C'est le paradoxe de sa situation. Hébergé par de la famille, son cas n'est selon lui plus considéré comme une urgence. Et il n'est pas le seul. Près de 600.000 personnes sont contraintes de vivre chez des amis ou de la famille. 

Cela se répercute sur les enfants, selon Manuel Domergue, le président de la fondation pour le Logement des défavorisés. "Pour les enfants, le fait d'être souvent en surpeuplement dans ces conditions, de ne pas être chez soi, procure beaucoup de stress, explique-t-il. On se sent toujours en trop quelque part. C'est toujours une vie un peu entre parenthèses". Même si Yann le sais et le répète, il a la chance de pouvoir compter sur sa famille.

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