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Ford, Alstom, Alcatel... Les entreprises en difficulté respectent-elles leurs engagements ?

Les entreprises qui ne tiennent pas leurs engagements à la suite de plans sociaux ou de rachats, sont monnaie courante. Les promesses en l'air sont loin d'être marginales.

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Ford, Alstom, Alcatel... Les entreprises en difficulté respectent-elles leurs engagements ? Crédit Image : BernardaSv | Crédit Média : RTL Ponzio | Durée : | Date :
Christophe Ponzio
Christophe Ponzio Journaliste RTL

À Blanquefort, l'usine Ford ferme et les salariés ne comprennent pas : ils étaient "soi-disant la meilleure usine question qualité et performance", confient deux anciennes employées à RTL. La municipalité est aussi amère : "Ford nous a menti pendant 5 ans en disant qu'ils voulaient réinvestir sur ce site, chose qu'ils n'ont jamais envisagé sérieusement", ajoute la maire de la ville Véronique Ferreira. 

Comme Ford, les entreprises qui ne tiennent pas leurs engagements, sont monnaie courante. Les promesses en l'air sont loin d'être marginales. Prenez General Electric par exemple, qui rachète la branche énergie d'Alstom en 2014, fleuron industriel français. À ce moment-là, l'Américain jure créer 1.000 emplois, ce sera finalement 25 nouveaux postes... 40 fois moins. Pareil pour Ford, qui lui, ferme carrément son usine.

Et puis il y a ceux qui respectent leurs engagements au jour près... et qui se désengagent dès le lendemain. C'est le cas de SFR, racheté par Altice, qui garantissait le maintien de l'emploi sur 3 ans. Une fois le délai passé, le groupe lançait un plan de 5.000 départs volontaires. Même cas de figure chez Nokia après son rachat d'Alcatel Lucent : envolées les promesses, un tiers des effectifs est menacé.

Que peut faire l'Etat ?

Derrière, il y a souvent de l'argent public. Si des sanctions existent, dans les faits, les engagements sont rarement très contraignants. Même dans le cas le plus spectaculaire, celui de General Electric, l'industriel a dû verser 50.000 euros par emploi non créé, 50 millions d'euros en tout, versés dans un fonds pour la réindustrialisation. Une micro gouttelette pour le conglomérat américain, qui a réalisé l'an passé plus de 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires. 

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Face à cela, l'État peut faire pression pour que ces mauvais-élèves revoient leurs copies. Il a aussi un droit de regard sur les plans sociaux avec veto possible. Enfin, avec la dernière loi sur les entreprises - la loi Pacte - les pouvoirs publics peuvent désormais dire NON au rachat de groupes jugés stratégiques. Ça a été le cas dans le mariage avorté entre Carrefour et le canadien Couche-Tard.

Des emplois tout de même créés

Beaucoup d'emplois sont créés : 2 millions d'emplois dans l'Hexagone grâce à ces multinationales qui investissent sur le sol français. Malgré la crise, l'industrie résiste. Et reste à l'origine d'une décision d'investissements étrangers sur 4. Ainsi, et c'est une information RTL, 309 projets de sites industriels se sont concrétisés l'an dernier, selon Business France. 

Une baisse de 19% certes, mais ces investissements d'entreprises internationales en France auront permis de créer 13.000 emplois dans l'industrie en 2020, presqu'autant qu'un an auparavant... Et pour ces sociétés là, les promesses sont bel et bien tenues.

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