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Environnement : risque-t-on une pénurie mondiale de sable ?

Si l'on s'inquiète généralement de la fin du pétrole, nous sommes ce vendredi 24 janvier à la veille d'une pénurie mondiale de sable, nouvel or de la construction.

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Environnement : risque-t-on une pénurie mondiale de sable ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Charles Deluermoz

Le chiffre de la demande de sable sur la planète est incroyable. Elle a été multipliée par 3 sur les deux dernières décennies, selon l'ONU qui vient de publier un rapport alarmiste sur le sujet. La consommation de sable est telle que le poids des milliards de grains utilisés sur la planète est supérieur à celui des hydrocarbures comme le pétrole et les métaux réunis sur la même période. C'est la matière première la plus extraite au monde : cela représente 40 à 50 milliards de tonnes annuelles. 

Nous avons autant besoin de sable car il s'utilise dans la construction de maisons, de bâtiments, de routes, et puis aussi pour la poldérisation, c'est-à-dire l'extension de la terre au détriment de la mer dans des pays comme la Hollande ou Singapour qui ne cessent d'étendre leur superficie. Le plus gros consommateur de sable reste évidemment la Chine.

Vous le savez, pour faire du béton, il faut du sable et du ciment. En trois ans, entre 2012 et 2014, la Chine a consommé plus de ciment que les États-Unis tout au long du XXe siècle selon, l'Institut géologique des États-Unis. C'est dire la demande de sable qu'elle a dû connaître en parallèle.

L'extraordinaire urbanisation de la planète, elle-même soutenue par l'explosion démographique, se traduit par une orgie de béton déversé aux quatre coins du monde. S'il existe des quantités considérables de sable sur la planète, c'est insuffisant. Le sable des mers, il est massivement exploité, au point que cela met en péril les équilibres écologiques des régions productrices.  

Un danger pour la biodiversité

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Par ailleurs, la construction de barrage et l'extraction qui ont réduit l'apport de sédiment a entraîné une réduction des dépôts dans les deltas des rivières. Cela a ainsi accéléré l'érosion des plages. Dans certaines régions, comme celle du lac Poyang, en Chine, l'extraction est telle - plus de 230 millions de tonnes par an - que le paysage s'est transformé et avec lui la biodiversité de la région. 

La pénurie est si forte que certains pays mettent d'ailleurs en place des restrictions dans l'exportation de ce nouvel or de la construction. Dans ces pays, la vente de sable à l'étranger est interdite. L'Indonésie a proscrit l'exportation de sable de mer dès 2003 et puis a étendu cela au sable de terre et de rivière tout récemment, comme le raconte le Financial Times.

Le Vietnam s'y est mis en 2010, le Cambodge en 2017, la Malaisie en 2019. Alors que, curieusement, la France est l'un des premiers importateurs au monde avec la Belgique et les Pays-Bas. Selon les spécialistes, difficile de trouver des produits de substitution. Aussi ancien qu'il soit, le béton présente des caractéristiques de solidité, de durabilité et de maniabilité qui sont quasiment sans égales pour la construction.

L'une des solutions pourrait résider dans le recyclage des matériaux déjà utilisés et des bâtiments abandonnés ou vétustes pour leur donner une nouvelle vie et ainsi épargner les ressources naturelles mises à l'épreuve par notre frénésie de construction.

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