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ÉDITO - Guerre en Ukraine : comment expliquer la hausse du prix du carburant ?

Alors que le baril retrouve ses niveaux de 2008, le prix du super, lui, enchaîne record sur record.

Une station service bordelaise vendant du biocarburant bioéthanol E85
Une station service bordelaise vendant du biocarburant bioéthanol E85
Crédit : PIERRE ANDRIEU / AFP
Guerre en Ukraine : comment expliquer la hausse du prix du carburant ?
00:03:31
Guerre en Ukraine : comment expliquer la hausse du prix du carburant ?
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François Lenglet - édité par Jérémy Billault

Le prix des carburants aligne record sur record, il approche la barre des deux euros. Pourtant, le baril de pétrole ne fait jamais que retrouver son niveau de 2008, une époque où le litre de super était bien moins coûteux qu’aujourd’hui.


En 2008, le baril de pétrole, la matière première du carburant, avait atteint 147 dollars, et l’essence était vendue alors un euro cinquante le litre environ. Et aujourd’hui, le baril est tout proche du niveau atteint il y a 14 ans, il a frôlé les 140 dollars hier à cause de la guerre en Ukraine et des menaces de sanction sur le pétrole russe. Alors que le litre de précieux fluide est lui aux alentours de 1 euros 90. Soit 26 % plus cher qu’en 2008.

La matière première est au même prix et le produit final 26% plus cher. Mais le coût du raffinage est toujours très faible, et les marges de distribution sont les mêmes qu’à l’époque, variables selon les points de vente. Il y a une explication principale à l’envolée du prix consommateur, c’est tout bêtement le taux de change. 

Baisse de l'euro et hausse des taxes

En 2008, le cours de l’euro était très élevé par rapport au dollar. Un euro valait 1 dollar soixante. Autrement dit, un baril de pétrole à 147 dollars était vendu chez nous 92 euros. Aujourd’hui au contraire, l’euro est faible par rapport au dollar. Un baril à 140 dollars se vend donc… 128 euros. Le prix en dollar est quasiment le même qu’en 2008, mais le prix en euro est 40% plus cher, parce qu’entretemps, l’euro s’est dévalué.
 
Et la faiblesse de l'euro vaut pour tous les produits importés en dollars, la plupart des matières premières, énergie en tête. Ce qui veut dire que la hausse des prix de ces produits indispensables est bien plus forte chez nous qu’aux États-Unis, parce que chez nous se cumulent et la hausse du baril en dollar, et la dévalorisation de notre taux de change. On prend l’ascenseur deux fois. Ou même trois, car à cela s’ajoute aussi une hausse des taxes.

On l’a oublié depuis les Gilets jaunes, en 2018, lorsque le gouvernement a annulé la hausse qu’il avait prévue, mais en réalité, la taxe carbone sur l’essence avait été mise en place dès 2014, et elle a augmenté chaque année jusqu’en 2018. On ne s’en est pas rendu compte parce qu’à l’époque, le prix du baril descendait. La hausse des taxes a donc été complètement indolore. Mains maintenant que les prix repartent dans l’autre sens, on prend l’élastique dans la figure. 

Les exportateurs en profitent

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Le cours de l'euro se comporte selon une vaste mécanique. Le niveau des taux d’intérêt, les perspectives de croissance, tout cela joue. C’est en principe la banque centrale européenne qui pilote tout cela. Il faut dire qu’un euro faible n’a pas que des inconvénients. Il permet à nos exportateurs de vendre à l’étranger moins cher, en vertu du mécanisme inverse de celui que l'on décrivait à l’instant. 

Par exemple, un produit français de 100 euros en 2008 était vendu 160 dollars aux Etats-Unis, alors que ce n’est que 109 aujourd’hui, ce qui permet de vendre davantage. Comme toujours en économie, chaque changement fait à la fois des perdants et des gagnants. Quand le taux de change baisse, l’automobiliste passe à la caisse, mais l’exportateur français lui, remplit sa caisse.

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