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ÉDITO - General Electric va s'auto-dissoudre, mettant fin à son conglomérat

Le groupe va s’auto-dissoudre, en se scindant en trois entités distinctes : l’une avec les métiers de la santé, l’autre ceux de l’énergie et la troisième ceux de l’aéronautique.

La devanture d'une usine General Electrics, à Belfort, en France, le 8 décembre 2011.
La devanture d'une usine General Electrics, à Belfort, en France, le 8 décembre 2011.
Crédit : AFP / SEBASTIEN BOZON
Pourquoi General Electric va s'auto-dissoudre
03:51
François Lenglet

Une icône de l’industrie américaine est sur le point de disparaître : General Electric, industriel créé à la fin du XIXe siècle lors de la révolution industrielle de l’électricité, qui est née aux États-Unis. Au fil de l’électrification de l’économie américaine et des foyers américains, GE était devenue l’une des entreprises et des marques les plus réputées au monde. Ronald Reagan, à l’époque où il était acteur de cinéma, et pas encore président des États-Unis, avait joué dans des pubs télé pour les produits de GE. Le conglomérat s’était ensuite diversifié dans la finance, dans l’aéronautique, fabriquant des moteurs d’avions. Dans l’énergie également, par exemple en rachetant la branche Turbine du français Alstom.

Mais bientôt, le groupe va s’auto-dissoudre, en se scindant en trois entités distinctes, l’une avec les métiers de la santé, l’autre ceux de l’énergie et la troisième ceux de l’aéronautique. L’actuel patron suit la voie des autres grands conglomérats industriels plus que séculaires, Toshiba au Japon, Siemens en Allemagne, IBM aussi aux États-Unis, qui accentuent eux aussi leur recentrage.

Toutes ces entreprises étaient nées des nouveaux métiers de l’électricité, c’étaient les start-up du XIXe ou du début du XXe siècle. Et elles se sont considérablement développées, en prenant pied sur d’innombrables métiers, pour devenir des monstres ingérables, dépassés dans l’innovation par des entreprises plus rapides et plus flexibles.

Le conglomérat loin d'être mort

Est-ce que cela signe la fin du modèle du conglomérat ? Non, je ne pense pas du tout. Regardez Tesla, Google, ou Amazon. Eux aussi multiplient les incursions sur de nouveaux secteurs. Tesla sur le spatial, Google sur l’intelligence artificielle, Amazon dans la santé et le divertissement. Ce sont les conglomérats des temps modernes. Eux aussi, un jour, seront paralysés par la bureaucratie, aveuglés par l’arrogance, et dépassés par de nouveaux entrepreneurs. 

Un cycle inévitable ?

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Oui, car le succès mène souvent à l’aveuglement, qui mène à la faillite. Regardez IBM, l’inventeur de l’informatique, qui se fait sortir du secteur par deux jeunes inventeurs, Steve Jobs et Steve Wosniak, les créateurs d’Apple. Chez General Electric, l’heure de l’arrogance, c’étaient les années 1980 et 90, lorsque l’entreprise était dirigée par Jack Welsh, considéré comme le meilleur patron du monde. General valait alors en bourse 600 milliards de dollars, c’était l’équivalent de Tesla d’aujourd’hui. Jack Welsh faisait la Une de tous les magazines économiques du monde. 

Et cela s'est mal terminé comme toujours quand il y a un patron idolâtré. Parce que non seulement il n’y a plus de contre-pouvoirs dans la direction de l’entreprise, mais on cache au patron les vraies difficultés. Le successeur de Jack Welsh, quand il a ouvert les placards, a eu fort à faire. Le bilan d’un patron est toujours trompeur, au moment de son départ. L’évaluation ne peut se faire que 18 mois ou deux ans plus tard, le temps que se révèle ce qui dure, en bien comme en mal. Depuis le départ de Jack Welsh, il y a vingt ans, General Electric a vécu un long purgatoire, qui la laisse aujourd’hui avec une valeur cinq fois plus faible qu’à l’époque. Mais peut-être la scission lui permettra-t-elle de commencer un nouveau cycle de croissance et de réussite. 

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