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Un poulet rôti. (Illustration)
Crédit : Pixabay
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C’est un basculement mondial dans nos assiettes : le poulet est devenu la viande la plus consommée sur la planète. Quelque 80 milliards de poulets sont produits chaque année dans le monde, contre moins de 50 milliards en 2006. Il y a encore une trentaine d’années, la volaille arrivait pourtant derrière le bœuf et le porc. Elle a d’abord dépassé le bœuf, avant de remporter sa bataille face au porc pour s’installer nettement en tête.
Cette progression se retrouve dans toutes les régions du monde, avec une poussée particulièrement marquée en Asie-Pacifique. Longtemps élevé presque uniquement pour ses œufs, le poulet s’est imposé pour une raison simple : c’est la protéine animale la moins chère à produire.
Le poulet transforme les céréales en viande avec une efficacité remarquable. Cette performance a encore été renforcée par la sélection génétique, qui a permis de développer des races très productives. Le Ross 308 en est l’exemple le plus frappant : ce poulet à croissance ultra-rapide peut prendre jusqu’à 70 grammes par jour. Résultat, il peut être abattu après une quarantaine de jours, quand d’autres races demandent deux fois plus de temps.
Cette course à la productivité a toutefois un coût. La sélection génétique fragilise les animaux, avec des faiblesses cardiaques liées à une prise de poids trop rapide et des troubles du squelette, notamment au niveau des pattes. Le changement est spectaculaire : dans les années 1950, un poulet pesait en moyenne un kilo. Aujourd’hui, son poids est trois à quatre fois supérieur.
Autre avantage du poulet : son élevage industriel pollue moins que celui des autres animaux destinés à la viande. Il émet peu de méthane, contrairement aux vaches, ce qui le rend plus favorable au climat. L’élevage bovin demande aussi davantage de terres, d’eau et de temps de travail.
Pour les consommateurs, le prix reste l’argument décisif. Mais il n’est pas le seul. Le succès du poulet s’explique aussi par l’engouement mondial pour les régimes riches en protéines, porté par la montée du fitness et des préoccupations nutritionnelles.
L’essor de la restauration rapide a également joué un rôle majeur. Le poulet pané s’est imposé comme un produit universel, accepté dans presque toutes les cultures et toutes les religions. À l’inverse, le porc est interdit chez les musulmans et les juifs, tandis que le bœuf reste sacré en Inde. Cet avantage culturel a largement favorisé sa diffusion mondiale.
Parmi les grands producteurs, le Brésil occupe la première place, devant les États-Unis. En Europe, les principaux acteurs sont la Pologne, les Pays-Bas et l’Ukraine.
La France, elle, suit une trajectoire bien connue dans l’agriculture : la part de la production nationale recule dans la consommation. En 2025, plus d’un poulet sur deux consommé dans le pays était importé. Ces importations concernent surtout le bas de gamme, destiné à la restauration hors domicile et aux produits transformés. Dans le même temps, la consommation reste élevée : un Français mange en moyenne 25 kilos de poulet par an.
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