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Pourquoi 52% du poulet présent dans nos assiettes vient désormais de l'étranger

En France, le poulet n’a jamais été autant consommé, mais il est de moins en moins français. Selon une étude rendue publique par le ministère de l’Agriculture, 52% du poulet mangé dans le pays venait de l’étranger l’an dernier, contre 24% en 2000.

Un poulet rôti. (Illustration)

Crédit : Pixabay

Pourquoi il y a désormais 52% de poulet étranger dans nos assiettes

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Pourquoi il y a désormais 52% de poulet étranger dans nos assiettes

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Olivier Dauvers

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Les Français n’ont jamais autant mangé de poulet. Poulet rôti, filet servi à la cantine, morceaux glissés dans une salade : cette viande s’est imposée dans les habitudes alimentaires. Mais derrière ce succès se cache une autre réalité, beaucoup moins visible pour le consommateur : désormais, il y a moins d’une chance sur deux que le poulet consommé en France soit français.

Selon une étude rendue publique par le ministère de l’Agriculture, 52% du poulet avalé en France l’an dernier venait de l’étranger. En 2000, cette part n’était que de 24%. En vingt-cinq ans, la place des importations dans les assiettes a donc plus que doublé. Le poulet est devenu un symbole très concret de la perte de souveraineté alimentaire.

Une consommation en forte hausse, une production qui ne suit pas

La première explication tient au succès même du produit. La consommation de poulet progresse sans cesse. L’an dernier, elle a encore augmenté de 6%, après une hausse identique l’année précédente. Sur vingt-cinq ans, le volume consommé a doublé.

Le problème, c’est que la production française ne suit pas ce rythme. Il ne s’agit pas, ici, d’un manque d’envie de produire de la part des éleveurs. La difficulté vient surtout des freins rencontrés lorsqu’un aviculteur veut créer un poulailler ou agrandir une installation existante. Entre l’opposition du voisinage et des contraintes réglementaires jugées trop lourdes, beaucoup finissent par renoncer.

Une évolution est toutefois attendue avec la loi d’urgence agricole votée cet été, qui simplifie une partie de ces démarches. Reste que le constat demeure : la France importe une viande qu’elle pourrait produire davantage sur son propre territoire.

La concurrence polonaise pèse sur le marché français

Si les importations progressent, c’est aussi parce que le poulet élevé à l’étranger est souvent moins cher. Dans ce paysage, la Pologne s’est imposée comme un concurrent majeur. Son entrée dans l’Union européenne en 2004 a ouvert plus largement le marché français à ses producteurs.

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Cette compétitivité polonaise s’explique en partie par un coût de la main-d’œuvre plus faible. Mais ce n’est pas le seul facteur. La taille des élevages et celle des usines jouent aussi un rôle important. Ce sont précisément ces questions de dimension et de modèle agricole qui restent sensibles en France.

Une origine encore trop peu lisible pour le consommateur

Autre problème soulevé : le consommateur achète souvent sans savoir réellement d’où vient le poulet qu’il consomme. Lorsque l’origine n’est pas française, elle reste parfois noyée derrière des mentions vagues, comme "origine UE", qui n’apportent pas d’information claire.

Là encore, la loi d’urgence agricole doit faire évoluer les choses. Sur les viandes notamment, l’origine devra être indiquée de manière plus explicite. Si des nuggets sont fabriqués avec du poulet polonais, cela devra être affiché clairement. L’enjeu est simple : permettre au consommateur de savoir ce qu’il achète réellement, avant de faire son choix.

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