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Coronavirus : salaires, frais, factures... Quels changements avec le télétravail ?

La généralisation du télétravail soulève de nouvelles questions, dont la rémunération des salariés ou la prise en charge de frais personnels.

Une femme télétravaille à Vertou, près de Nantes, en mai 2020 (illustration)
Une femme télétravaille à Vertou, près de Nantes, en mai 2020 (illustration)
Crédit : Loic VENANCE / AFP
43. Déconfinement : le télétravail est-il la solution miracle ?
17:12
Victor
Victor Goury-Laffont
Journaliste

En mars 2020, avec l'annonce d'un premier confinement pour faire face à l'épidémie de Covid-19, les entreprises ont dû, dans la mesure du possible, faire basculer toutes leurs activités dans une organisation à distance. Presque un an plus tard, les travailleurs semblent s'être habitués à la nouvelle donne : 80% des Français se disent à présent prêts à télétravailler deux jours par semaine de façon institutionnalisée, selon le baromètre annuel de Malakoff Humanis, dévoilait ce mardi 9 février.

"Le sens de l’histoire, c’est une généralisation du télétravail", confirme Caroline André-Hesse, avocate spécialisée en droit du travail et associée du cabinet AyacheSalama, "mais ça peut poser des difficultés : certains salariés exercent des fonctions qui ne sont pas réalisables en télétravail".

En effet, même avec la pandémie, le télétravail reste minoritaire dans certains domaines de l'économie. Si 62% des salariés du secteur bancaire exercent, au moins partiellement, leur activité à distance, ce chiffre chute à 19% pour le commerce ou 17% dans l'industrie.

Des salaires ajustés au lieu de résidence ?

Le travail à distance et les restrictions sanitaires ont poussé certains salariés à quitter les grandes villes, en quête d'espace et de confort. Une nouvelle donne qui pousse certains à remettre en cause la rémunération de certains travailleurs, qui échappent désormais au coût de la vie qu'implique la vie dans une grande métropole, comme Paris.

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C'est le choix qu'a fait Facebook, aux États-Unis. En mai dernier, Mark Zuckerberg prévenait ses salariés, dont l'immense majorité était en télétravail : s'ils venaient à quitter la Silicon Valley, région californienne qui accueille les locaux de l'entreprise, ils devaient s'attendre à une réduction salariale.

En France, modifier les contrats de travail serait possible avec des avenants, "à condition d’avoir le consentement des deux parties", précise Caroline André-Hesse. Une idée qui soulève cependant d'autres difficultés, "si on ajuste les salaires au lieu de résidence, on porte atteinte à la règle 'à travail égal, salaire égal'. Cela pourrait entraîner des problèmes de discrimination".

Les écarts de salaires entre l'Île-de-France et les autres régions de France, appuyés entre autres sur des coûts de la vie différents, existent déjà. Selon le baromètre de 2019 de l'Association pour l'emploi des cadres, le salaire médian d'un cadre francilien était de 52.000 euros contre 47.000 euros dans le reste du pays. "Intégrer plus largement cette variable ferait rentrer dans la rémunération un facteur subjectif autre que celui de la compétence du salarié", alerte cependant Caroline André-Hesse.

De nouveaux frais pour les salariés

L'autre versant du télétravail, c'est la prise en charge de nouveaux frais personnels pour les salariés. Avec plus de temps passé à la maison, ces derniers ont pu voir leurs factures d'électricité ou de chauffage augmenter. Lorsque ce n'était pas déjà le cas, ils ont parfois dû se doter d'une bonne connexion Internet pour travailler dans des conditions adéquates.

"Savoir comment prendre en compte et indemniser ces frais est désormais une question au cœur des négociations professionnelles et interprofessionnelles, souligne Caroline André-Hesse, les accords de branche ou d’entreprises ont vocation à répondre à ces interrogations, en proposant des solutions adaptées aux besoins spécifiques des entreprises".

Un accord signé fin novembre entre le patronat et les syndicats stipule que les frais "doivent être" pris en charge par l'employeur, sans préciser quels frais cela recouvre, expliquant que cela "peut être" l'objet d'un dialogue social en entreprise.

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