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Coronavirus : le retour des années folles après la pandémie ?

ÉDITO - Selon le patron de Carlsberg, à la pandémie succédera une période d’exubérance et de gaité collective comparable à celle qu'avaient connu les années 20.

Josephine Baker, idole des années folles à Paris, dans les années 1920.
Josephine Baker, idole des années folles à Paris, dans les années 1920.
Crédit : AFP
Le retour des années folles après la pandémie ?
03:40
Le retour des années folles après la pandémie ?
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François Lenglet - édité par Gaétan Trillat

Singulière prophétie que celle de Cees't Hart, patron de Carlsberg, le brasseur danois N°3 mondial de la bière : dès que l’épidémie sera finie, dit-il, nous devrions connaître une période d’exubérance et de gaité collective comparable à celle qui avait suivi la Première guerre mondiale et l’épidémie de grippe espagnole, dans les années 20. C’est à ce moment là que les clubs de jazz se sont développés et que la vie nocturne a connu une effervescence formidable.

Évidemment, on comprend pourquoi il est intéressé par la réouverture des bars. Mais son pronostic rejoint celui d’un épidémiologiste réputé et professeur à l’université américaine de Yale, le docteur Nicholas Christakis. Il vient de publier un livre nourri des leçons de l’histoire et annonce lui aussi le retour des années 1920, cette décennie qu’on a qualifiée de "rugissante".

Après toutes les épidémies, assure-t-il, il y a un puissant mouvement de la psychologie collective vers la fête, les échanges, la liberté, pour rompre avec les années de peur de la contagion et de voisinage de la mort. Associée à cette humeur festive, la propension à dépenser à et à investir fait repartir la croissance, grâce à l’épargne accumulée pendant la récession du confinement. Nous aurions donc de belles années devant nous.

Un boom économique et technologique ?

Dans les années 1920, il y a eu un très puissant rebond, avec une libéralisation importante de la société, sur le plan des mœurs en particulier. Et cette décennie a aussi été une période d’innovation qui a nourri tout le siècle, avec l’utilisation croissante de la voiture, de l’avion. Sans oublier celle de l’électricité, et notamment du moteur électrique, qui a métamorphosé les villes, car il a permis de construire des ascenseurs, donc des immeubles plus hauts, les gratte-ciels de New York, ce qui a permis un boom immobilier. Toutes ces technologies étaient disponibles depuis longtemps, mais elles n’ont été utilisées à grande échelle qu’après la guerre et la grippe.
 
Cent ans plus tard, forcés par le coronavirus, nous avons utilisé massivement le numérique pour nos achats et notre travail, alors que ces techniques étaient là. Cela va donner une réserve de productivité formidable aux entreprises. Idem pour l’incroyable réussite de la mise au point du vaccin contre la Covid, en quelques mois. Là encore, les biotechnologies n’ont pas livré tous leurs bienfaits. Comment ne pas parler aussi du spatial, qui connaît un nouvel âge d’or ? Des promesses de la révolution énergétique, non seulement dans la production d’énergie elle-même mais dans son stockage, son acheminement et son utilisation économe ?
 
Les années folles se sont tout de même terminées par le krach de 1929. Car toute période d’euphorie économique et technologique fait grimper la bourse de façon déraisonnable. Et c’est exactement ce qui se passe dès aujourd’hui, alors que l’épidémie est loin d’être terminée. Il y aura donc des secousses financières, sans doute assez fortes. Mais les secousses passent, et le progrès reste.

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