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Coronavirus : la chaîne de restaurants Flunch en difficulté, 1.300 emplois menacés

L'enseigne de restauration en libre-service créée en 1971, explique être en difficulté financière à cause de la crise sanitaire qui a fait plonger son chiffre d'affaires de 212 millions d'euros en 2020.

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"C'est un choc", confie Marie-José Bienvenue, déléguée CGT chez Flunch Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : Arnaud Tousch / RTL | Durée : | Date :
Marie Zafimehy
et AFP

Elle se présente comme "la première chaîne française de restauration en libre-service". Mercredi 27 janvier, la célèbre enseigne Flunch a demandé à être placée en procédure de sauvegarde et souhaite réduire son activité, mise en difficulté pendant la crise sanitaire.

Née en 1971, Flunch, appartient à la constellation d'entreprises du groupe Mulliez (Decathlon, Auchan, Boulanger, Leroy Merlin, Kiabi, Saint Maclou...), pour la plupart basées dans le nord de la France. Durement éprouvée par la crise sanitaire, l'enseigne a vu son chiffre d'affaires plonger de près de 212 millions d'euros (soit -57%) l'an dernier, pour les 161 restaurants détenus en propre en France. 

Ainsi, "pour faire face aux difficultés majeures liées à la crise sanitaire", Flunch a annoncé mercredi avoir demandé à être placée sous procédure de sauvegarde et chercher à céder une soixantaine d'établissements. L'option de procéder à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ne serait envisagée de son côté que pour certains des collaborateurs des restaurants qui ne feraient pas l'objet d'une reprise, et des "fonctions support", à savoir les salariés du siège, a précisé la porte-parole. 

1.300 emplois menacés

Vendredi aura lieu une audience au tribunal de commerce de Lille, qui examinera l'ouverture de la procédure de sauvegarde. Sur près de 5.000 collaborateurs, "un maximum de 1.300 postes devraient être concernés" par un projet de "redimensionnement" du parc de restaurants de l'enseigne, "avec la possibilité d'ouvrir un PSE, après consultation des représentants du personnel", a précisé l'entreprise. Une soixantaine de restaurants, parmi ceux détenus en propre, seront "proposés à la reprise, en priorité aux collaborateurs de l'enseigne et aux franchisés actuels", puis dans un second temps, à d'autres professionnels de la restauration, a indiqué une porte-parole  à l'AFP. 
 
"L'idée est de proposer un projet pour redresser l'entreprise", qui va se recentrer sur ses établissements les mieux placés et les moins déficitaires du fait de la pandémie de Covid-19, afin de redémarrer en position financière plus favorable lorsque pourront rouvrir les restaurants. Ces derniers sont inactifs depuis fin octobre en France, comme tout le secteur, après un premier confinement au printemps. Sur les 227 restaurants que compte l'enseigne en France, 66 sont des franchisés et ne sont pas concernés par ce projet, a indiqué la porte-parole. 

Une aide insuffisante ?

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Privés de chiffre d'affaires pendant près de six mois en 2020 - en raison de deux confinements, sans compter l'activité réduite par les couvre-feu et les restrictions sanitaires- , les groupes de restauration n'ont pas été indemnisés par le Fonds de solidarité au même niveau que les indépendants. Avant que le Fonds ne soit revalorisé, ce mois-ci, ils touchaient à l'échelle d'un groupe -comptant parfois des dizaines d'établissements - la même aide qu'un seul restaurant indépendant. Selon Flunch, ses restaurants faisant 200.000 euros de chiffre d'affaires annuel auraient pu toucher jusqu'à 78.000 euros, si le soutien avait été équivalent, mais "ils n'ont bénéficié que de l'activité partielle", a indiqué la porte-parole. 

La procédure de sauvegarde "devrait permettre à l'entreprise de se donner du temps en termes de trésorerie en attendant la reprise de l'activité commerciale dont la date reste toujours incertaine, et de poursuivre son plan de transformation", a précisé l'entreprise. Une décision qui intervient à la suite d'une série de procédures similaires dans le secteur : fin septembre, l'enseigne de restaurants de grillades Courtepaille, placée en redressement judiciaire deux mois plus tôt, avait été reprise par son concurrent Buffalo Grill, dont l'offre prévoyait la reprise de 2.208 salariés sur quelque 4.000 emplois. 

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