3 min de lecture Épargne

Coronavirus : faut-il s'inquiéter pour notre épargne ?

Face à la crise économique et boursière due au coronavirus, on constate chez les Français un mouvement très fort des capitaux vers le livret A, apportant plus de sécurité.

Eco_245x300 L'éco and You Martial You iTunes RSS
>
Coronavirus : faut-il s'inquiéter pour notre épargne ? Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par Sarah Ugolini

Depuis le début du confinement, on constate un mouvement très fort des capitaux vers le livret A. On n'a pas encore les chiffres précis, mais c'est assez classique, surtout quand la crise économique s'accompagne d'une crise boursière, comme c'est le cas en ce moment. 

C'est classique et cela porte un nom en économie : cela s'appelle "flight to quality", on place l'argent là où c'est le plus sûr. On l'avait déjà observé fin 2008, après la crise des subprimes avec 20 milliards de plus sur le livret A. C'était aussi le cas après la crise de 2002, survenue après les attentats du 11 septembre. On avait mis trois ans à voir l'argent retourner sur les marchés actions et les placements plus risqués. 

Le livret A, c'est vraiment le placement qui nous rassure. C'est un peu le doudou financier : simple à utiliser et insensible aux changements de la bourse même si on avait constaté un petit tassement des dépôts d'argent en février. C'est normal car le taux de rémunération était tombé à 0,5%. On peut dire en plus que la crise du coronavirus a aussi interrompu un petit moment un petit mouvement qu'on observait depuis janvier vers de l'épargne plus risquée. 

Le livret A, le bas de laine moderne

Les Français ont un peu été tentés par la bourse grâce à la privatisation de la FDJ et un peu par les contrats d'assurance-vie où les banques nous incitaient à prendre des paniers un peu plus risqués. Depuis des années, 80% des contrats sont assis sur des placements en euros hyper sûrs, mais qui rapportent de moins en moins. L'assurance-vie rapportait 1,4% l'an dernier. 

Après une année 2019 où tous les marchés financiers du monde avaient progressé de 25%, on notait une petite tentation des Français d'aller s'encanailler sur l'épargne dynamique.  L'épargne dynamique, cela veut dire qu'on épargne plutôt que de consommer. C'est un réflexe pavlovien chez les Français : si il fait froid dehors, on met l’argent au chaud sur le livret A. C'est un peu le bas de laine moderne. Mais cela s'accompagne, et ça c'est nouveau, d'une chute lancinante de la consommation. En 2019, le pouvoir d'achat des Français a progressé de 2,1%, selon l'Insee. 

C'est presque deux fois plus qu'en 2018, grâce aux mesures "gilets jaunes". Pourtant en janvier, l'Insee a constaté une baisse de la consommation de 1,1% cette année. On était en plein mouvement contre la réforme des retraites c'est vrai, mais on constatait aussi un net repli des achats de vêtements et des voitures et des soldes médiocres. Et pendant ce temps-là, le livret A enregistrait lui des dépôts records. 

Le retour en force de la "monnaie hélicoptère" ?

À lire aussi
Une carte bancaire (illustration) banque
Pouvoir d'achat : plus d'un Français sur deux a recours au découvert bancaire

Pour relancer l'économie, on aura donc besoin que les Français consomment après la fin du confinement. On aura l'argent mis de côté, mais la question c'est est-ce qu'on aura vraiment l'envie ? Cela bat en brèche la théorie d'un cetain Milton Friedman, un économiste qui avait inventé le principe de la "monnaie hélicoptère" en 1969. Il disait que pour résoudre la crise, il fallait faire voler un hélicoptère de la banque centrale au-dessus des villes pour déverser des tonnes de billets à la population. Autrement dit, les banques centrales, au lieu de donner de l'argent aux États, le donneraient directement aux citoyens. 

Cette théorie revient en force. Cela doit permettre de relancer directement la consommation et donc la croissance. Sauf que si on regarde l'année 2019 en France, l'État a investi 17 milliards d'euros de mesures "gilets jaunes", la consommation n'est pas vraiment repartie et on a déposé en revanche 16,5 milliards d'euros sur nos livrets A. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Épargne Livret A Coronavirus
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants