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Coronavirus : à quoi correspond la facture de 424 milliards d'euros de la France ?

Ce coût astronomique, annoncé par Olivier Dussopt, le ministre du Budget, comprend notamment des baisses de recettes fiscales et des dépenses exceptionnelles liées à la crise sanitaire. Il sera réparti sur trois ans entre 2020 et 2022.

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Coronavirus : à quoi correspond la facture de 424 milliards d'euros de la France ? Crédit Image : LUDOVIC MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Quentin Marchal

La crise sanitaire va coûter 424 milliards d’euros à l'État français. Cette annonce, faîte par Olivier Dussopt, le ministre du Budget, mardi 13 avril dans Le Figaro, correspond à toutes les dépenses engagées comme le chômage partiel, les fonds de solidarité, les mesures proprement sanitaires mais aussi au manque à gagner des impôts, qui ne sont pas rentrés comme d’habitude, à cause de la profonde récession de 2020.

Cette somme considérable, répartie sur trois ans entre 2020 et 2022, équivaut à peu près à une année de dépense de l’État. C’est-à-dire que sur les trois années en cause au total, la dépense de l’État a augmenté d’un tiers

Un tiers qui s’ajoute mécaniquement au déficit préexistant, puisque les comptes français étaient déjà parmi les plus dégradés d’Europe. 424 milliards d'euros, cela correspond aussi à huit fois le budget annuel de l’Éducation nationale, qui est le portefeuille le plus important parmi les ministères.

Pour mieux comprendre en quoi cet argent a été utile, il faut rapprocher deux indicateurs économiques de 2020. Cette année-là, l’économie française a connu une récession de 8,2 %. Les revenus des Français auraient dû connaître la même pente, à cause des faillites et des destructions d’emplois mais il n’en a rien été car ils ont été compensés par les transferts financiers de l’État, les fameux 424 milliards.

Une situation différente pour les pays européens

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Pour l'heure, personne ne sait comment sortir d'une telle situation. Le gouvernement parie sur un déficit divisé par presque deux en 2022, à -5% du PIB environ mais cela suppose que l’épidémie s’interrompe et que la reprise soit forte d’ici là.

Ce lourd tribut causé par la crise sanitaire est également visible dans de nombreux autres pays. Aux États Unis par exemple, sur le seul mois de mars dernier, le déficit budgétaire est de plus de 600 milliards d’euros. Sur les deux années 2020 et 2021, il dépassera les 4.500 milliards, soit dix fois plus que ce que nous aurons dépensé pour lutter contre la crise. 

En Europe, la situation n'est pas la même pour tous les pays, qui partaient d'un point de départ différent. La France partait avec une dette de 100% du PIB, l’Allemagne de 60%, les Pays-Bas de 48% et la Suède de 35%. À l’autre extrémité, l’Italie était déjà à plus de 120% du PIB avant la crise. 
 
Dans un tel contexte, les fameux critères du traité de Maastricht et ses règles budgétaires ont été suspendus jusqu’à la fin 2022. De son côté, Paris voudrait maintenant réformer ces règles et ouvrir le débat lors de la présidence française, au premier semestre de l’année prochaine. 

Il s’agirait d’abandonner la règle du 3%, et de fixer à chaque pays un objectif différent de dette, justement en fonction de sa situation. Sous les apparences du réalisme, il s’agit donc en fait d’abandonner toute règle commune.

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