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Traité de Maastricht : 25 ans après, quel bilan pour l'euro ?

ÉDITO - En 1992, le traité de Maastricht définissait les règles d'utilisation de l'union monétaire. L'euro a-t-il été une bonne chose pour l'économie française ?

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Traité de Maastricht : 25 ans après, quel bilan pour l'euro ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

À partir des chiffres de l'OCDE, nous avons calculé la croissance du PIB pour les trois premières économies de l'union monétaire (Allemagne, France et Italie) depuis 1999, qui est la vraie date d'entrée en vigueur de l'euro - il a fallu quelques années pour fixer irrévocablement les taux de change du mark, du franc, de la lire et de tous les autres. On pensait que l'Allemagne arrivait en tête. Il n'en est rien. Depuis 1999, la France a fait 28% de croissance, au total, sur ces dix-sept années, quand l'Allemagne fait 26,5%. La seconde surprise est plus attendue : c'est le bilan catastrophique de l'euro pour l'Italie (seulement 6% de croissance sur cette période).

La France est légèrement au-dessus de la moyenne de la zone euro. Les vrais gagnants de l'union monétaire, ce sont l'Espagne et surtout l'Irlande, qui est à plus de 40% de croissance sur la période, malgré la crise d'il y a quelques années. Les victimes, qui auraient mieux fait de ne jamais rentrer dans l'euro, ce sont l'Italie, le Portugal et la Grèce, qui n'ont quasiment pas eu de croissance en dix-sept ans. Pour ces trois pays, l'euro a été une malédiction.

Il n'y a plus de pare-choc monétaire

Comment s'expliquent ces différences ? C'est la grande surprise de l'union monétaire. On attendait qu'elle produise de la convergence, c'est-à-dire une ressemblance croissante des pays membres et des conjonctures. Il s'est produit exactement le contraire : elle a provoqué des divergences de plus en plus fortes. Cela s'explique au fond très bien.

Auparavant, la variation des cours des monnaies les unes par rapport aux autres permettait d'absorber les différences de compétitivité, grâce à la dévaluation. C'était exactement comme un pare-choc en cas d'accident. Aujourd'hui, il n'y a plus de pare-choc. Toute différence de compétitivité se traduit par de la tôle froissée, c'est-à-dire de la croissance et de l'emploi en moins.

Les victimes, qui auraient mieux fait de ne jamais rentrer dans l'euro, ce sont l'Italie, le Portugal et la Grèce

François Lenglet
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Pourquoi donc s'être privé de la dévaluation ? D'abord pour des raisons politiques : on voulait se marier irrévocablement avec nos voisins. L'euro n'est pas un projet économique : c'est la poursuite de ce que le traité de Rome appelle "l'union toujours plus étroite entre les membres".

Ensuite, la dévaluation a quand même des inconvénients. Elle pénalise l'épargnant, en réduisant la valeur de ses économies. Elle créé de l'inflation parfois excessive. Enfin, on espérait qu'avec une monnaie inflexible, la France, ne pouvant plus pratiquer la méthode de facilité, la dévaluation, ferait monter en gamme sa production. Ça n'est pas du tout ce qui s'est produit.

L'euro a laissé nos faiblesses en l'état

Au total, la France n'est pas plus forte qu'il y a dix-sept ans, même si la crise est passée par là. L'euro n'a pas été le paradis annoncé par ses promoteurs, et pas davantage la catastrophe dénoncée par ses critiques. Il a laissé nos faiblesses en l'état. C'est ce que ne veulent pas comprendre les partisans de la sortie de l'euro.

Nos problèmes (la rigidité du marché du travail, la sur-réglementation, la fiscalité excessive et changeante, la formation insuffisante, l'investissement défaillant) ont vu leurs effets exaltés par la monnaie unique, mais ils n'ont pas été créés par elle.

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