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Bridgestone : "J'espère qu'on n'aura pas de suicides", appréhende un salarié

REPORTAGE - La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé la fermeture du site de Béthune du fabricant Bridgestone, jeudi 12 novembre. Une onde de choc pour les salariés qui dénoncent "une honte".

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Bridgestone : "J'espère qu'on n'aura pas de suicides", appréhende un salarié Crédit Image : Philip FONG / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Franck Antson - correspondant RTL dans le Nord
Franck Antson édité par Florise Vaubien

Une onde de choc : le site de Béthune de Bridgestone (Pas-de-Calais) va fermer les portes de son usine de pneus qui emploie 863 salariés. Il n’y aura pas de scénario alternatif : l’annonce a été reçue avec colère, c’est une nouvelle douche froide pour les employés. 

Après l’annonce brutale de la fermeture à la mi-septembre et le sentiment d’être encore méprisés par les dirigeants de Bridgestone, les salariés ont balayé le projet de poursuite d’activité qui était envisagé et qui aurait permis de sauvegarder les trois quarts du personnel, rapportent les délégués. Pourtant, dans l’atelier, même si le coeur n’y est plus, la production se poursuit au ralenti. 

Aurélien Blancard à l’assemblage évoque "une deuxième baffe". "Je suis une nouvelle fois abattu. Vous savez, ça commence à être difficile de faire confiance aux dirigeants de Bridgestone", déplore-t-il. Le salarié espère trouver un repreneur pour son entreprise. "Les esprits sont calmes, et il faut continuer comme ça", nuance-t-il, "et se remettre sur le marché du travail avec la tête haute". 

J’espère surtout qu'on n’aura pas de suicides

Un salarié de Bridgestone sur le site de Béthune dans le Pas-de-Calais
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Autour des syndicats, les salariés ont l’espoir de trouver un repreneur et de négocier un plan digne. Certains envisagent des mesures choc contre le groupe japonais. "Bridgestone, c’est une honte, et on va bien salir leur image", confie un salarié tandis qu’un autre appelle au boycott. "On dit merci à ces gens qui sont bourrés de pognon", lance-t-il. "J’espère surtout qu'on n’aura pas de suicides", appréhende un employé. 

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Les salariés sont restés jusqu’à maintenant exemplaires, mais leur situation pourrait encore se dégrader, confirme Claude à la maintenance. "Les banques ont fermé les portes depuis l’annonce, il y a déjà quelques mois", explique-t-il. Une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine. En théorie, la fabrication de pneus sur le site s’arrêtera en mai 2021.

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