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"700 euros de charges par mois avec un salaire de 1.000 euros" : ces jeunes "dans l'obligation de cumuler" plusieurs emplois

Sur les 2.400.000 Français qui cumulent un emploi, 28% ont moins de 26 ans, selon les chiffres de l'Insee. Une nécessité pour ces jeunes actifs qui ne pourraient pas, sans cela, s'assurer un revenu stable ou suffisant pour vivre.

Des graphistes au sein d'une entreprise (image d'illustration)

Crédit : GERARD JULIEN / AFP

Mathilde Piqué

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L'Insee publie ce vendredi 30 janvier les chiffres de l'emploi salarié en 2025. Parmi eux, près de 2.400.000 Français cumulent plusieurs emplois. Le phénomène est particulièrement prononcé chez les jeunes : 28% de ces pluriactifs ont moins de 26 ans.

Inès, 25 ans, accueille RTL dans l'agence de graphisme où elle travaille, dans des bureaux flambants neufs en plein cœur de Paris. En apparence, rien ne laisse penser qu'Inès est obligée de cumuler plusieurs emplois pour s'en sortir. Et pourtant. "Comme premier job, j'ai une alternance où je suis graphiste. En parallèle, je travaille pour une boutique de tatouage où je fais de l'événementiel et j'ai mon auto-entreprise en tant que photographe et graphiste", énumère-t-elle.

3.000 euros nets par mois maximum

Entrer dans la vie active par l'alternance, c'est ce que vivent de nombreux jeunes. Mais cela veut dire accepter souvent de petits salaires qui ne suffisent pas à finir le mois. "Je suis dans l'obligation de cumuler, j'ai déménagé de chez mes parents, donc je commence à avoir des factures. Je suis à peu près à 700 euros de charges par mois avec un salaire de 1.000 euros. Je me retrouve avec rien pour vivre. 1.000 moins 700 euros... Et après il reste les courses et avec le téléphone, c'est assez compliqué", raconte-t-elle.

Avec ces multiples activités, Inès parvient à se dégager selon les mois un revenu de 3.000 euros nets maximum. Mais au prix de sa vie personnelle et de sa santé. Des cernes sous les yeux, la graphiste décrit à RTL son quotidien. "Quand je rentre chez moi, je me fais à manger et en général, je travaille jusqu'à deux heures du matin. Je sors très peu, j'ai toujours l'impression d'être submergée. J'ai le corps qui a lâché complètement : j'ai eu une sciatique, j'ai eu plein d'autres petits problèmes de santé. Tout la fin de l'année 2025 a été super compliquée. 

Un rythme soutenu, partagé par tous ceux qui cumulent salariat et entrepreneuriat. Cette situation touche 43% des jeunes pluriactifs.

S'assurer un revenu stable

Il s'agit d'un quotidien difficile, avec beaucoup d'inconvénients. Mais pas question d'arrêter pour autant. Cela devient presque un choix pour Inès. Cumuler plusieurs emplois, ça permet d'apprendre plus vite et d'avoir plus de réseau. C'est un accélérateur de carrière en quelque sorte. Et puis, comme beaucoup de sa génération, Inès recherche avant tout la liberté professionnelle. "Je pense qu'il y a quand même un petit déclic au fond de nous. On a envie de faire quelque chose que l'on aime, on n'a pas envie de refaire le schéma de nos parents où ils se sont forcés à aller au travail, en faisant la gueule pendant 40 ans", regrette-t-elle. 

Dans l'Aveyron, Aurélie jongle aussi entre deux emplois, purement par choix. Il y a deux ans, elle a créé son entreprise de menuiserie. Mais elle travaille aussi dans la communication - à côté - pour s'assurer un revenu stable. Pour elle, avoir plusieurs activités, c'est une question de niveau de vie. "J'ai commencé à bien gagner ma vie. Finalement, c'était un deuxième job alimentaire qui est venu m'assurer un niveau de vie top. Entreprendre, c'est super énergivore, on ne peut pas prendre de vacances et le moral en prend en coup. C'est difficile d'assumer derrière. Ces prochaines années, Aurélie comme Inès souhaitent désormais continuer à cumuler plusieurs emplois. 

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