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"10.000 euros, ça me fait sourire" : après les pillages, les commerçants déchantent face aux aides promises par l'État

Après les pillages du 17 octobre, l'État promet une aide pouvant aller jusqu'à 10.000 euros pour les petites entreprises sinistrées. Un soutien jugé bienvenu mais souvent insuffisant face à des préjudices très lourds.

Le magasin de Tanush, dans le 10e arrondissement de Paris, a été totalement pillé le 17 octobre 2026.

Crédit : Arthur Pereira / RTL

Boutiques pillées le 17 octobre : l'aide de 10.000 euros est-elle suffisante ?

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Arthur Pereira & Jérémy Descours

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Dix jours après les violences et les pillages du 17 octobre, le gouvernement a précisé les contours de son aide aux commerçants lourdement touchés. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a annoncé, ce mercredi 28 octobre, une aide directe pouvant aller "jusqu'à 10.000 euros" pour les entreprises endommagées avec en complément des dispositifs régionaux selon les territoires.

Mais cette aide sera-t-elle suffisante pour redémarrer ? Devant une boutique de téléphonie entièrement dévastée sur le boulevard Magenta (10e arrondissement de Paris), il ne reste presque rien. La devanture a été arrachée, les étagères sont vides, la vitrine aussi. "Tout a été volé en quelques minutes", raconte le propriétaire, Tanush. "Je vendais des téléphones, des abonnements, accessoires, coques, chargeurs... J'ai perdu pour 180.000 euros."

"Ils n'ont pas de visibilité sur les aides"

Pour l'aider dans ses démarches, Violaine, une habitante du quartier, l'accompagne depuis plusieurs jours. "On a été deux fois à la chambre du commerce de Paris 10e. Ils ont un pôle dédié aux commerçants dévastés. Mais pour l'instant, ils n'ont pas de visibilité sur les aides", explique-t-elle au micro de RTL.

Quand elle apprend l'annonce du ministre, le soulagement est immédiat. Même si la prudence reste de mise. "C'est génial. On va rappeler la chambre du commerce pour savoir si depuis hier, chaque jour, il y a des nouvelles annonces. Est-ce qu'elles seront vraiment confirmées ? Je ne sais pas", glisse-t-elle en haussant les épaules.

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En attendant, une cagnotte a été lancée pour aider le commerçant. Elle a déjà permis de récolter 4.000 euros.

Le magasin de Tanush, dans le 10e arrondissement de Paris, a été totalement pillé le 17 octobre 2026.

Crédit : Arthur Pereira / RTL

"On a quand même évolué"

Même réserve chez Frédéric Brun, propriétaire d'une concession Kawasaki sur le boulevard Magenta. Le 17 octobre, 11 motos ont été volées, pour un préjudice estimé à 200.000 euros. Là encore, l'aide annoncée apparaît comme limitée face aux dégâts.

"Ça me fait sourire. En 2019, j'avais déjà été cassé par la manif des Gilets jaunes. Hidalgo était venu au magasin, m'avait serré une poignée de main et m'avait dit bon courage. On a quand même évolué. Sept ans après, on va peut-être avoir 10.000 euros. C'est bien pour un préjudice de 200.000", lance-t-il sur RTL. 

Et d'ajouter : "On est plus de 350 ou 400 en Ile-de-France et 3.000 en France sur une seule journée entre le 17 et le 18 octobre. 10.000 euros, c'est déjà ça. C'est déjà ça de pris de toute façon. Après, il y a des assurances qui sont là. Mais c'est l'après parce que les assurances ont dit qu'elles nous sécurisaient et qu'elles nous allaient rembourser un préjudice, pas deux."

Moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires

Cette aide de l'État concernera les entreprises de moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et de moins de 50 salariés. Le décret doit être publié "dans les jours qui viennent", pour une mise à disposition des fonds environ cinq semaines plus tard, selon Serge Papin.

Le ministre évalue à environ 3.000 le nombre d'entreprises affectées en France. D'après CCI France, plus de 2.500 commerces ont été dégradés lors des violences, dont 1.161 visés par des pillages, des saccages ou des incendies.

Autre levier annoncé : un prêt à taux zéro de Bpifrance, baptisé "Prêt Solidarité Commerce", pouvant aller de 5.000 à 50.000 euros pour les commerçants sinistrés. Un outil utile pour racheter du stock, mais qui reste un prêt, donc une dette supplémentaire pour des professionnels déjà fragilisés.

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