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Le gaz européen n'avait plus été aussi cher depuis 2022 : pourquoi les prix s'envolent à l'approche de l'hiver

Le prix du gaz européen a franchi mercredi le seuil des 100 euros le mégawattheure, une première depuis la crise énergétique de 2022. À l'approche de l'hiver, les tensions au Moyen-Orient, la faiblesse des exportations de gaz du Golfe et des stocks européens moins remplis font craindre une nouvelle flambée des prix.

un manomètre sur des conduites de gaz dans une station de compression de GRTgaz, à Morelmaison

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Un seuil symbolique franchi pour la première fois depuis quatre ans. Le prix du gaz européen a dépassé mercredi 28 octobre les 100 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis la crise énergétique de 2022 provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine. En hausse de plus de 250% depuis le début de l'année, le cours du gaz s'envole sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et des inquiétudes sur l'approvisionnement de l'Europe, à l'approche de l'hiver.

Comme pour le pétrole, les marchés redoutent notamment une nouvelle campagne de frappes américaines contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre, qui pourrait entraîner des représailles iraniennes contre les infrastructures énergétiques de la région. Selon le Wall Street Journal, Washington aurait déjà demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une offensive courte et intense après le scrutin.

Le Qatar était de loin le principal producteur de gaz de la région, et ses exportations actuelles de GNL "ne représentent actuellement que 20 à 30 % de sa capacité", souligne Norman Liebke, analyste chez Commerzbank. Cette diminution persistante de l'offre pousse les importateurs en Asie et en Europe à se livrer une bataille de prix pour attirer les cargaisons de GNL dites "flexibles", c'est-à-dire qui ne sont pas déjà sous contrat. Et à l'approche de l'hiver, les stocks européens de gaz restent inférieurs à ceux de l'an passé.

Mardi, les réserves de l'Union européenne n'étaient remplies qu'à 74,93 %, contre 82,91 % observés l'an dernier à la même date, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI). Le cas de l'Allemagne, le plus gros consommateur de gaz en Europe préoccupe particulièrement les marchés, avec des stocks remplis à seulement 61,65 %.

Pression avant l'hiver

Le passage du gaz européen au-delà des 100 euros le mégawattheure intervient aussi au moment où "une production éolienne très faible est attendue dans le nord-ouest de l'Europe au cours des deux prochaines semaines", explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

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En parallèle, l'analyste relève que "les températures devraient passer sous les normales saisonnières durant la première semaine de novembre". Cette situation devrait accroître la demande de production d'électricité à partir de gaz en Europe, et pousse donc aussi les prix.

Vers 15h55, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence européenne, s'affichait en hausse de 4,38 % à 100,45 euros le mégawattheure, une hausse de plus de 250 % depuis le début de l'année. Le TTF néerlandais reste cependant très loin des sommets de la crise énergétique déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, lorsqu'il avait atteint 345 euros le mégawattheure en mars 2022.

En cas d'apaisement des tensions au Moyen-Orient, les prix pourraient retomber significativement à "environ 50 euros le mégawattheure", sans toutefois revenir à leurs niveaux d'avant-guerre, estime Norman Liebke. "L'offre en provenance du Qatar devrait rester contrainte jusqu'en 2028 en raison de la perte à moyen terme de 17 % de ses capacités" à cause de dégâts liés à la guerre sur son infrastructure énergétique, précise l'analyste.

Les produits alimentaires aussi attendus à la hausse

Cette flambée des prix de l'énergie pourrait également se répercuter sur les produits alimentaires. Dans ses dernières prévisions publiées mercredi, la Banque mondiale anticipe une hausse de 18% du prix des denrées alimentaires entre 2025 et 2027, sous l'effet des difficultés d'approvisionnement liées aux conflits et d'un épisode El Niño exceptionnel attendu cet hiver. 

L'institution prévoit également une augmentation de 32% des prix de l'énergie en 2026, avant un reflux partiel l'année suivante. Mais une reprise des hostilités au Moyen-Orient après les élections américaines du 3 novembre pourrait encore aggraver la situation : le baril de Brent atteindrait alors 105 dollars en moyenne en 2027, entraînant une hausse supplémentaire de 12% des prix alimentaires par rapport au scénario de référence.

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