2 min de lecture Dijon

Violences à Dijon : accusé de laxisme, des manifestants réclament la démission du préfet

Malgré l'interdiction de le préfecture, une centaine d'habitants des quartiers de Grésilles et Chenôve se sont rassemblés samedi 20 juin à Dijon pour dénoncer le "laxisme" du préfet.

Les habitants des quartiers de Grésilles et Chenôve réclament la démission du préfet lors d'une manifestation le 20 juin 2020 à Dijon.
Les habitants des quartiers de Grésilles et Chenôve réclament la démission du préfet lors d'une manifestation le 20 juin 2020 à Dijon. Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

Une centaine de personnes, dont de nombreux habitants du quartier des Grésilles, ont défié samedi 20 juin une interdiction préfectorale de manifester à Dijon pour réclamer la démission du préfet, accusé de laxisme face aux expéditions punitives menées le week-end dernier par la communauté tchétchène dans ce quartier sensible.

"Après votre abandon, nous réclamons votre démission", peut-on lire sur une banderole des manifestants rassemblés pacifiquement dans le centre-ville de la capitale bourguignonne, sous la surveillance des forces de l'ordre. Lorsque les violences ont éclaté, certains ont dénoncé l'intervention tardive des forces de l'ordre et a entraîné des accusations de "laxisme" de la part de politiques et d'habitants des quartiers visés par les virées tchétchènes.

"Il y a clairement eu une non-intention d'action de la police qu'on impute logiquement à monsieur le préfet, il y a eu des agressions, des violences, des gens se sont fait tabasser par vengeance. On est juste là pour envoyer un message. Si le préfet avait fait son travail, on n'aurait pas eu toutes ces images et cette mauvaise publicité pour Dijon", a martelé Youssef Drissi El Bouzaidi, habitant des Grésilles.

"On n'est plus en sécurité"

"C'est inadmissible, le préfet doit démissionner, on n'est plus en sécurité. J'ai peur pour mon fils de 17 ans", a confié Amina, résidente de la ville voisine de Chenôve, également touchée par des violences en fin de semaine dernière."

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Clairement visé, le préfet répond que ces revendications sont infondées, qu'elles voudraient "faire croire que la police n'est pas intervenue et que les quartiers auraient été abandonnés à la vindicte d'un groupe violent. Il n'en est rien, bien sûr", a écrit le préfet de région et préfet de Côte-d'Or Bernard Schmeltz aux habitants dans un communiqué de presse.

Une manifestation calme, vite dispersée

Après s'être réunis place de la République, le petit cortège a tenté de rejoindre la préfecture, mais il a été bloqué en chemin par les forces de l'ordre et a dû faire demi-tour avant de se disperser, toujours dans le calme. Une poignée de "gilets jaunes" et de libertaires étaient aussi présents mais sont restés en retrait de la marche.

Craignant des débordements, le préfet de Côte-d'Or avait pris vendredi soir un arrêté interdisant toute manifestation dans le centre ville historique et les places reliées par les grands boulevards après un appel à manifester de certains habitants des Grésilles. Deux compagnies de CRS, soit près de 150 hommes, ont été déployées en renfort samedi pour sécuriser le périmètre, a précisé la préfecture.

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