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Variole du singe : doit-on craindre une pandémie ?

ÉCLAIRAGE - Les épidémiologistes se veulent rassurants mais n'écartent aucune hypothèse et surveillent de très près ce virus que l'on retrouve désormais sur tous les continents.

Un enfant centre-africain touché par la variole du singe en 2018
Un enfant centre-africain touché par la variole du singe en 2018
Crédit : CHARLES BOUESSEL / AFP
Aymeric Parthonnaud & AFP

Après le coronavirus, la variole du singe ? La population mondiale est désormais extrêmement sensibilisée et sensibles aux questions sanitaires et à ses implications après plus de deux ans à lutter contre le Covid. La réémergence de la variole du singe, et son développement sur plusieurs continents inquiète donc légitimement la population.

La variole du singe est arrivée en France où l'on compte à ce jour cinq cas avérés de contamination. Cependant, la variole est bien différente du coronavirus. Les symptômes, modes de transmission et traitements sont totalement différents. Peut-on alors parler d'une nouvelle épidémie, voire d'une pandémie à venir ?

Pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève, il est "un peu tôt" pour parler d'épidémie. "Ces derniers jours, on a vu doubler le nombre de cas rapportés en trois ou quatre jours, ce qui pourrait signer la croissance exponentielle d'une vague épidémique. Mais on peut aussi se demander si la médiatisation récente du phénomène n'aurait pas encouragé les patients à consulter et leur médecin à davantage évoquer le diagnostic et notifier les cas détectés. Il est donc encore un peu tôt pour parler d'épidémie, mais un début d'épidémie ressemblerait en effet à ce que l'on observe actuellement."

Même son de cloche du côté des autorités gouvernementales françaises. "On n'attend pas de flambée de la maladie, a tenu à rassurer la nouvelle ministre de la Santé Brigitte Bourguignon. On prend les mesures qui s'imposent : la vigilance qu'il faut avoir dans ce cas, c'est un virus qu'on ne voyait plus en Europe. Des recommandations ont été apportées aux professionnels de santé, aux établissements pour repérer, détecter, signaler et isoler les cas à domicile". "Nous verrons avec mes homologues européens dès lundi quelles stratégies nous mettront en place. Pour l'heure, la situation est sous contrôle et nous sommes en alerte". La ministre a aussi expliqué que la France disposait des stocks suffisants de médicaments antiviraux pour faire face : "Tout est là, mais la vigilance s'impose".

Aucun scénario n'est écarté

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L'épidémiologiste Antoine Flahault n'écarte cependant pas l'hypothèse d'une future pandémie. "On ne peut écarter aucun scénario à ce stade et celui d'une pandémie n'est pas à rejeter totalement. Cela dit, il y a d'autres scénarios moins pessimistes et au moins aussi plausibles. Jusqu'à présent on n'a pas rapporté de chaînes de contaminations de plus de six personnes. Le taux de reproduction en Afrique a toujours été inférieur à 1, c'est-à-dire sans potentiel pandémique", note le chercheur. 

"Des conditions pourraient être désormais remplies pour qu'une transmission interhumaine soit facilitée, à la faveur d'une plus grande adaptation du virus, et aussi de réseaux de communautés humaines vivant en forte promiscuité et mobilité. La pandémie du VIH/Sida avait aussi commencé avec une contamination de certains segments de la société, notamment les communautés homosexuelles masculines et les personnes échangeant des seringues. On a ensuite vu la pandémie s'étendre à d'autres groupes de la population, les patients transfusés, les travailleurs du sexe, puis les couples hétérosexuels et les nouveau-nés de mères contaminées", analyse-t-il. 
 
"Pour le moment, rien n'indique que le virus de la variole du singe se transmet par voie sexuelle. Il semble davantage se transmettre par contact étroit et prolongé avec une personne contaminée ayant des vésicules sur la peau. Dans ce cas, il n'a aucune raison de se voir cantonné aux communauté homosexuelles masculines. D'autres groupes de la population pourraient alors être atteints, les enfants et les couples hétérosexuels notamment." 

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