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Trains, métros, bus... Pourquoi les transports français rencontrent autant de difficultés

ÉCLAIRAGE - Alors qu'une grève est prévue jeudi 10 novembre à la RATP, les transports français semblent en crise avec des temps d'attente plus longs, des trains supprimés, des retards. Comment l'expliquer ?

Pourquoi les transports français sont-ils en difficulté ?
Pourquoi les transports français sont-ils en difficulté ?
Crédit : ABDULMONAM EASSA / AFP
Trains, métros, bus... Pourquoi les transports français rencontrent autant de difficultés
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Arnaud Tousch - édité par Caroline Frühauf

Des temps d'attente qui explosent pour les bus, presque 10 minutes entre chaque métro, un jeudi noir annoncé en Île-de-France et des trains supprimés dans les Hauts-de-France... Rien ne va plus dans les transports français. Qu'est-ce qui est à l'origine de ces dysfonctionnements ?
Trois raisons peuvent expliquer les difficultés que rencontrent actuellement les transports en commun. Tout d'abord, le manque de personnel est latent. Cela ne concerne pas seulement l'Île-de-France, puisque toute la France manque de conducteurs de bus. Toutefois, les difficultés les plus grandes sont en Île-de-France avec la RATP qui doit recruter 1.500 conducteurs de bus. Si elle en a déjà recruté 1.100, 400 sont encore à trouver avant la fin de l'année. La régie reste confiante, car 2.500 candidatures sont en cours de traitement.


Cependant, un conducteur de bus est formé en environ trois mois. Alors, en attendant, le manque de conducteurs de bus crée des temps d'attente affolants pour les passagers avec plus de 40 minutes sur certaines lignes. Dans le même temps, la RATP indique devoir former et recruter une centaine de conducteurs de métro. Là aussi, les temps d'attente sont rallongés, allant parfois jusqu'à neuf minutes entre chaque train, contre moitié moins auparavant.

 

Depuis le Covid-19, Île-de-France mobilité a demandé à la RATP de ne pas revenir à un plan de transport à 100 %, mais de rester, en moyenne, à 98 %. Dans les faits, certaines lignes de métro ne sont qu'à 80 % de l'offre. Île-de-France mobilité assurait que tout le monde n'était pas revenu dans les transports, mais Valérie Pécresse a demandé, dimanche 6 novembre, à la RATP de revenir à 100 % de l’offre d’avant-Covid. Les conducteurs de métro, qui assurent difficilement 98 % de l'offre, et auxquels il manque 100 chauffeurs, sont dubitatifs face à cette demande.

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Par ailleurs, le passe Navigo, qui permet aux franciliens de se déplacer dans la région augmentera. Actuellement à 75 euros, il passera probablement la barre de 90 euros en 2023, en raison de la hausse du prix de l'énergie. Les tarifs de la SNCF augmenteront également, comme l'a annoncé sur RTL Clément Beaune, ministre des Transports. La hausse sera de l'ordre de 6 %.

Un dialogue social compliqué

À la SNCF, le manque de conducteurs a contraint à supprimer des TER dans plusieurs régions, notamment les Hauts-de-France, où 136 trains sont supprimés tous les jours depuis le 24 octobre, selon le président de la région Xavier Bertrand. Le ministre délégué aux Transports a promis d'"accélérer les formations et les recrutements" face à la pénurie de conducteurs SNCF.

 
Ensuite, les transports ne fonctionnent pas en raison de la rémunération. Pour recruter, la RATP argumente. La Région Île-de-France a promis une prime de 2.000 euros à tout nouvel arrivant. Elle a également décidé d'offrir à ceux qui sont déjà en poste une prime, jusqu'à 450 euros, s'ils sont présents au travail pendant trois mois consécutifs. 

Cependant, nombreux demandent, non pas une prime, mais une augmentation de salaire.

Ainsi, l'UNSA RATP explique que la grille des salaires n'a pas bougé depuis dix ans et qu'avec le manque de personnel, est impossible de poser des vacances ou de récupérer certaines journées. 


Cela explique la troisième raison qui conduit à ces difficultés : le dialogue social compliqué. En effet, lorsqu'une grève se produit, c'est qu'il n'y a pas eu d'accord. Jeudi 10 novembre, une grève aura lieu sur tout le réseau de la RATP. Le trafic sera très perturbé dans les métros et les RER... avec probablement certaines lignes fermées. La mobilisation sera très importante.

 

Les conducteurs se mobilisent pour obtenir des revalorisations de salaires et des embauches. Ils expriment des craintes par rapport à la prochaine privatisation de l'entreprise. Jean Castex, le probable nouveau patron de la RATP, devra répondre à ces sujets.

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