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"Toute la scolarité se fera sans utiliser le téléphone" : les portables interdits au lycée dès la rentrée, un défi pour les établissements

Le texte qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, voté ce mardi 21 juillet, prévoit également l'interdiction du portable au lycée. Une mesure dont la mise en place constitue un défi pour les établissements, compte tenu du calendrier serré.

Une personne tenant son téléphone portable (illustration).

Crédit : AFP

AFP - édité par Laurène Rocheteau

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L'interdiction du téléphone portable au lycée, adoptée mardi 21 juillet par le Parlement, doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine, une échéance jugée particulièrement serrée pour une mesure loin de faire l'unanimité sur le terrain. Le texte qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans étend également au lycée l'interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur de la maternelle au collège depuis 2018. 

"À compter (...) du 1er septembre, toute la scolarité se fera sans utiliser le téléphone portable de la maternelle jusqu'au lycée", s'est félicité sur X le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray. "C'est évidemment extrêmement important pour vous, pour vos facultés cognitives et puis aussi pour vos relations sociales". Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement, notamment pour les élèves en situation de handicap ou les étudiants. 

Addiction aux réseaux sociaux, problèmes de sommeil, multiplication des fraudes lors des examens... "Il y a un vrai sujet sur l'utilisation de l'outil, mais ce n'est pas parce qu'on l'interdit au lycée qu'on va résoudre tous les problèmes", prévient Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissements. "L'idée sur le fond, on peut souscrire. Mais sur la forme, ça ne va pas du tout", critique la cheffe d'établissement, qui pointe un calendrier trop serré.  

Une "déconnexion totale avec la réalité des établissements"

Une circulaire publiée le 2 juillet, assortie d'un vademecum, demandait aux lycées de se préparer dès septembre. "C'était trop tard", juge Christelle Kauffmann. Pour appliquer l'interdiction, les établissements doivent en effet modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, comme le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d'administration. 

"C'est encore une fois la preuve d'une déconnexion totale avec la réalité des établissements scolaires", dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. "Le ministère nous engage à rentrer dans une démarche alors que l'année est terminée", regrette de son côté Agnès Andersen, du syndicat de chefs d'établissement ID-FO, qui parle de "devoirs de vacances des personnels de direction." Selon elle, le ministre a toutefois promis une certaine souplesse pour laisser le temps aux lycées d'engager le dialogue. 

Comme certains autres chefs d'établissements, Christelle Kauffmann avait anticipé la mesure en intégrant, à la fin de l'année scolaire, l'interdiction du téléphone portable.  Dans son lycée, le portable sera interdit à la rentrée dans les couloirs et les bâtiments, mais autorisé dans les espaces extérieurs. Selon elle, il faudra probablement près d'un an avant une mise en oeuvre pleinement effective dans l'ensemble des lycées. 

"C'est très difficile pour une communauté scolaire d'imposer une nouvelle règle aux jeunes. Même si la loi est censée s'imposer, ce n'est pas aussi simple. On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque lycéen", souligne-t-elle. Le vademecum transmis aux établissements prévoit une réponse "graduée, personnalisée et proportionnée" en cas d'infraction, "comme tout manquement à une règle au sein de l'établissement". Les sanctions pourront aller de la punition à la confiscation de l'appareil, voire à une procédure disciplinaire dans les cas les plus graves. 

Des dérogations pour les usages pédagogiques

Dans son vademecum, le ministère autorise notamment des dérogations à l'interdiction du téléphone pour des "usages pédagogiques" ou des "usages nécessaires au bon fonctionnement de l'établissement", les lycéens consultant régulièrement Pronote sur leur smartphone pour suivre les changements d'emploi du temps ou de salle. Certains enseignants y recourent en classe, pour des recherches, des exercices ou le partage de documents. 

"Peut-être qu'il aurait été bon que le ministère s'interroge sur la place du numérique dans l'enseignement", souligne Agnès Andersen. "C'est quand même un peu paradoxal", abonde Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE, opposé à cette interdiction. "Il faut plutôt sensibiliser à l'usage du téléphone portable parce que ça fait partie du quotidien", avance de son côté Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), qui dénonce une mesure "démagogique". "Aujourd'hui, ils font le choix d'interdire, de faire de la répression au lieu de faire de la prévention. On sait très bien qu'à chaque fois qu'on fait de la répression au lieu de faire de la prévention, ça ne fonctionne pas", conclut-il.

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