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Trouble de mémorisation, de l'humeur, du comportement alimentaire : comment les réseaux sociaux affectent les cerveaux des enfants

L'Assemblée nationale et le Sénat doivent se positionner ce mardi 21 juillet sur la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

Un enfant consulte les réseaux sociaux sur son téléphone (image d'illustration).

Crédit : DAVID GRAY / AFP

Pourquoi nos enfants sont-ils si accros aux réseaux sociaux ?

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Simon Marseille & Alexis Lalemant

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"C'est comme si j'étais dans ma bulle avec mon téléphone". Cette phrase, tout propriétaire d'un smartphone, soit 91% des Français selon le dernier Baromètre du numérique, peut se l'approprier. Mais ici, c'est le petit Gaoussou, âgé de tout juste 9 ans, qui, malgré son très jeune âge, affirme passer de 30 minutes à 1h sur Snapchat chaque jour "jusqu'à 22h30, sous la couette", avant d'aller se coucher. 

Sur le réseau, le petit Gaoussou admet voir "beaucoup" de vidéos qui lui font peur, avec des "des monstres, des danses bizarres". 

"Et après, c'est comme si mon cerveau projetait ça sur le mur. Donc je ne peux pas dormir", continue le petit garçon. Au sein du foyer, les soeurs de Gaoussou utilisent elles aussi les réseaux sociaux, notamment TikTok. 

Alors pour leur père, afin d'éviter de laisser ses enfants traîner trop longtemps sur les réseaux, la mise en place d'un contrôle parental est un passage obligatoire... "Mais ça ne marche pas forcément à tous les coups", admet-il. Dès lors, il se positionne en faveur d'une loi qui permettrait d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

"Le modèle est fait pour que vous ne lâchiez pas"

C'est justement ce qui sera voté ce mardi 21 juillet au Parlement, avec le projet de loi portant sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans qui sera soumis au scrutin des députés et des sénateurs. Un texte de compromis a notamment été établi du côté de l'Assemblée et du Sénat la veille, lundi, en vue d'un vote des deux chambres du Parlement pour une adoption définitive ce mardi.

Emmanuel Macron a fait de l'interdiction de ces réseaux pour les jeunes une de ses priorités. Entre des troubles du sommeil, de l'anxiété, des dépressions ou encore du cyberharcèlement, les effets néfastes des smartphones et des réseaux sociaux peuvent être graves chez les jeunes publics. 

Selon l'Arcom, près de quatre adolescents sur cinq ont déjà croisé des contenus considérés comme choquants en ligne. Inutile d'ailleurs de les chercher, puisqu'ils s'invitent assez naturellement sur les écrans des utilisateurs.

"Il y a des scènes de maltraitance animale, de bagarre, il y a des scènes de guerre, de torture, des images à caractère raciste et le porno qui est très trash. Quand nous tombons devant des images de colère, de peur, malheureusement, nous allons être attirés par ça. Et l'enfant, c'est exactement le même processus. Le modèle est fait pour que vous ne lâchiez pas", égraine Sylvie Dieu Ozica, pédiatre et membre du collectif Surexposition aux écrans. 

Pour elle, la surexposition des plus jeunes aux écrans "est du temps volé à tout ce dont vous avez besoin quand vous êtes un enfant".  

"Sortir dehors, bouger son corps, être avec des vrais gens, tout ça perturbe évidemment ce cerveau immature et hypersensible et vulnérable", abonde la pédiatre, qui avertit d'autant plus sur les effets à long terme de cette dépendance aux réseaux sociaux. 

Une poignée de sites exclus de la loi

La spécialiste cible notamment des "troubles de mémorisation, des troubles de l'humeur, des troubles du comportement alimentaire, des tentatives d'automutilation, de pensées noires parce que le fil notamment de TikTok et d'autres vous entraînent vers cela", souligne Sylvie Dieu Ozica. 
 Alors, faut-il interdire toutes les plateformes pour sevrer les moins de 15 ans ? La réponse ne fait aucun doute pour cette pédiatre, puisqu'elle est favorable à cette mesure, au même titre que les parlementaires qui, toutefois, avaient des divergences sur la manière d'appliquer cette loi. Considérant qu'un dispositif trop général risquait d'être censuré, le Sénat avait privilégié un système à deux vitesses, avec une "liste noire" de plateformes frappées d'une interdiction totale, et d'autres accessibles sur accord parental. 

Mais c'est bien le texte de l'Assemblée qui a été favorisé à l'issue de la commission mixte paritaire à huis clos du 20 juillet. Sa formulation, plus large, prévoit que "l'accès à un service de réseau social en ligne" soit "interdit aux mineurs" âgés de moins de 15 ans. La dernière ébauche de la loi dispose tout de même d'exceptions pour les "encyclopédies en ligne" ainsi que pour les "projets numériques à vocation éducative". 

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