2 min de lecture Écologie

Tarification sociale de l'eau : la directrice de Suez France loue une "vertu incitative"

INVITÉE RTL - Face à la baisse croissante du débit de l'eau en France, une tarification variable est envisagée pour endiguer le manque à venir d'irrigation des cultures agricoles et d'approvisionnement des ménages.

Marie-Ange Debon, directrice de Suez France
Marie-Ange Debon, directrice de Suez France Crédit : © Julien Lutt/ CAPA Pictures
RTL Midi -  Christelle Rebière
Christelle Rebière et Joanna Wadel

À l'heure où 22 départements sont déjà en restriction, alors que l'été commence à peine, l'eau devient un bien précieux. Avec le réchauffement climatique, les experts estiment que le débit d'eau devrait baisser de 10 à 40% d'ici à 2050.

D'où l'importance des Assises de l'eau qui viennent de s'achever. L'objectif est de baisser d'un quart notre consommation en 15 ans avec notamment l'instauration d'une tarification variable en fonction de la consommation et des saisons. Il s'agit également de faciliter l'usage des eaux de pluie, ou encore de créer des retenues d'eau pour les agriculteurs.

Pour aller plus loin, Marie-Ange Debon, directrice générale de Suez France, nous éclaire sur RTL. Pour elle, nous avons déjà conscience de la valeur de l'eau mais "on peut encore changer notre comportement", avec "des solutions techniques et numériques pour faire évoluer la situation". 

Le chèque eau peut être aussi un complément pour les personnes les plus défavorisées

Marie-Ange Debon
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Concernant la mise en place d'une tarification "sociale" de l'eau dans certaines communes françaises, notamment à Dunkerque, la directrice loue la "vertu incitative" d'une telle mesure, qui reste selon elle à développer en France. 

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Il s'agira d'une tarification ajustée au volume d'eau consommé, une équité aux "vertus sociales", juge Marie-Ange Debon, qui ajoute qu'à l'instar du chèque énergie, "le chèque eau peut être aussi un complément pour les personnes les plus défavorisées", qui ne pourraient pas s’acquitter de leurs factures. 

L'utilisation des eaux "non-conventionnelles" pour irriguer les cultures

Pour les agriculteurs et leur besoin de rendement, la dirigeante évoque "l'utilisation des eaux non-conventionnelles", les eaux de pluie et les eaux usées issues des stations d'assainissement. Des eaux qui "pourraient servir à nettoyer les espaces urbains". Une "bonne formule", soutient-elle en rappelant que l'agriculture représente 70% de la consommation d'eau globale, contre 10% pour le résidentiel. 

Des installations de recyclage des eaux usées, traitées en conséquence sont déjà mises en place localement, afin d'offrir un approvisionnement viable et économique aux cultures. C'est le cas du golfe d'Agde, indique Marie-Ange Debon. En comparaison à nos voisins italiens et espagnols, qui réutilisent 10% de leurs eaux, en France, seul 1% des eaux usées serait réutilisé, précise-t-elle encore.

Le développement de capteurs pour détecter les fuites

Au sujet des fuites sur les réseaux, qui l'année dernière, privaient encore les Français d'un litre sur cinq, la directrice de Suez France déclare miser sur le développement et la mise en place de capteurs dans les réseaux, ainsi que l'installation de compteurs numériques dans les municipalités. Le tout pour un "taux de rendement bien meilleurs", assure-t-elle. 

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