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SNCF : l'enfer des "prisonniers" du RER D

REPORTAGE - C'est une des lignes les plus empruntées d'Europe. Plus de 660.000 voyageurs par jour de Creil, dans l'Oise, jusqu'à Melun ou Malesherbes, dans le Loiret sur la ligne D du RER. Plus de 660.000 personnes bouleversées dans leur quotidien par des retards ou des suppressions de trains. RTL a embarqué le long de cette ligne.

L'étoile de Corbeil-Essonnes, gros agrégateur de tensions et de retards sur la ligne D
L'étoile de Corbeil-Essonnes, gros agrégateur de tensions et de retards sur la ligne D
Crédit : Vincent Serrano
SNCF : l'enfer des "prisonniers" du RER D
00:06:19
Vincent Serrano
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5h28, gare de Buno-Gironville direction Paris. Marie-Christine prend le RER D tous les matins depuis 17 ans. Trois heures avant d'embaucher, histoire d'être sûre d'arriver à l'heure et surtout d'éviter la cohue et les trains bondés des heures de pointe. "Il n'y a plus d'humanité dans ce train", finit par lâcher, fatiguée, cette quinquagénaire usée par ces heures passées dans le train. Les jours de grève, il n'y a de toute façon pas de train qui part de chez elle.
Elle dit avoir de la chance : elle peut télétravailler, et elle n'a surtout pas d'enfants. Caroline, 28 ans, a elle renoncé pour le moment à fonder une famille. Pas le temps. Surtout quand il lui arrive de rentrer, régulièrement, à 22-23h à la maison; de rater sa dernière correspondance, à une minute près, ce qui l'a obligé plusieurs fois à finir sa journée de travail par 7 km de marche jusqu'à son domicile.


Ils sont nombreux, sur cette ligne à ne pas avoir de voiture, à ne pas pouvoir faire de télétravail ou trouver un logement plus près pour moins galérer. Beaucoup sont au SMIC. Ce sont des femmes de ménage, des soignants, des gens qui travaillent sur les chantiers, des intérimaires, qui ne peuvent pas rater une journée de travail sans avoir peur de ne plus arriver à payer le loyer ou à garder leur emploi. L'annonce, il y a peu, d'un remboursement partiel du Pass Navigo les fait rire jaune. 

Mya a emménagée il y a un mois sur la ligne D. Elle s'attendait à des difficultés mais pas de cette ampleur. Elle cherche aujourd'hui à déménager. "Je ne veux pas que mes enfants grandissent sur cette ligne", glisse celle qui a peur de ne plus pouvoir assurer son rôle de maman avant d'ajouter : "On est prisonniers du RER D".

  • L'attente pour monter dans le RER à la gare de Châtelet
    L'attente pour monter dans le RER à la gare de Châtelet
    Crédits : Vincent Serrano

Faire des choix

RTL est parti à la rencontre de ces usagers usés qui demandent aujourd'hui à être respectés. Des soignantes qui finissent par dormir sur leur lieu de travail, cette étudiante, Léa, qui a fini un jour par prendre une chambre d'hôtel sur Paris parce qu'il n'y avait plus de solutions pour rentrer chez elle avec les transports en commun; elle qui passe déjà près de 5h, chaque jour, dans cette ligne D.

Les quais du RER D, un mardi à 17h