3 min de lecture Astéroïdes

Quels impacts engendrerait une collision avec un astéroïde ?

ÉCLAIRAGE - D'après Francis Rocard, responsable au CNES, les astéroïdes les plus redoutables ne sont pas forcément les plus gros et peuvent rayer de la carte une ville ou toute une région continentale.

Selon les astronomes, un astéroïde de plus de 10 km tombe sur Terre tous les 100 millions d'années.
Selon les astronomes, un astéroïde de plus de 10 km tombe sur Terre tous les 100 millions d'années. Crédit : AFP / Nasa
Florise Vaubien
Florise Vaubien Journaliste

"Une ville comme Paris serait rayée de la carte et l'Île-de-France, réduite en cendres", Francis Rocard, responsable du programme d'exploitation du système solaire au CNES (Centre national d'études spatiales), ne pèse pas ses mots lorsqu’il parle des dégâts qu’un astéroïde pourrait engendrer en cas de collision avec la Terre. Et il n'évoque, ici, que ceux dont le diamètre est égal ou inférieur à un kilomètre.

Si près de 850.000 astéroïdes de plus d’un kilomètre de diamètre ont été recensés, "on est loin d’avoir identifié les plus petits", rappelle-t-il. Ces géocroiseurs (astéroïdes croisant l'orbite de la Terre) dits "petits" inquiètent les scientifiques, n'étant pas toujours détectables à temps. Malgré leur taille relativement limitée, ils peuvent déjà entraîner une apocalypse à échelle continentale. 

Quant aux astéroïdes de moins de 30 / 50 mètres de diamètre, les chercheurs assurent qu'ils sont inoffensifs. De cette taille, ils se désintègrent dans l’atmosphère avant de frapper le sol et ne font pas partie des quelque 2.000 géocroiseurs qui présentent des risques de collision dévastatrice. 

Plus de 140m de diamètre : un apocalypse local

La NASA qualifie tout astéroïde de "potentiellement dangereux" lorsque la taille de son diamètre dépasse 140 mètres et que son orbite l’amène à passer "à moins de 7,5 millions de kilomètres de la Terre". D'après le chercheur Francis Rocard, si un géocroiseur de ce type venait à s’écraser sur Paris, la ville tout entière et sa région seraient dévastées. 

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"Des incendies ravageraient toute l’Île-de-France, l’onde de choc et le souffle raseraient la région francilienne et une quantité énorme de poussière obstruerait le ciel", précise Francis Rocard. Lancés à une vitesse allant jusqu'à 100.000 km/h, ces corps célestes provoquent également des cratères gigantesques, de "dix à 20 fois la taille du diamètre de l’astéroïde". De quoi impacter toute une région sur des centaines de kilomètres. 

Entre 2 et 5 km de diamètre : des effets mondiaux

Mais les géocroiseurs les plus terrifiants sont ceux dont le diamètre peut aller jusqu’à plusieurs kilomètres. S'ils sont souvent les protagonistes de blockbusters sensationnels, le responsable du CNES souligne qu'ils ont tous "été recensés et que le risque de collision avec l’un d’entre eux est nul". En effet, de cette taille, un astéroïde ne pourrait pas échapper aux systèmes de surveillance. 

Toutefois, dans l'éventualité d'une collision, "un astéroïde de cette envergure provoquerait un hiver nucléaire, avec un refroidissement global des températures sur plusieurs années voire plusieurs décennies", détaille le chercheur. "Si l'astéroïde tombait dans un océan, des tsunamis monstrueux ravageraient les côtes", ajoute-t-il. 

Au-delà de 5 km de diamètre : un "hiver d'impact"

Il y a 66 millions d'années, un astéroïde de 12 km de diamètre a frappé la péninsule de Yucatán, au sud-est du Mexique, provoquant l’extinction des dinosaures. Une puissance de frappe équivalente à 10 milliards de bombes atomiques, un cratère de 40 km de profondeur... Une véritable apocalypse qui a décimé pas moins de 75% des espèces.


Si cette catastrophe devait se reproduire, une telle collision aurait pour conséquence un "hiver d'impact". À cause de la poussière, "la Terre serait privée d’une partie du rayonnement solaire. La température pourrait baisser d’une dizaine de degrés et cette poussière pourrait rester en suspension durant des années, avec des conséquences désastreuses sur la végétation. 

L’absence de nourriture peut déboucher sur la disparition rapide d’une espèce", explique le Pr Lemaître de l’Université de Namur dans les colonnes du journal Libre.beQuand bien même, la scientifique rappelle, comme Francis Rocard, qu'au-delà du kilomètre "on connaît presque tous les astéroïdes". 

Une fin du monde peu probable

La fin du monde a donc peu de chance de se produire sous nos yeux. La NASA a toutefois rappelé qu'elle entend intensifier ses recherches pour "détecter, cataloguer et étudier les géocroiseurs au diamètre inférieur à 140 mètres". 

Le passage de l'astéroïde à Tcheliabinsk (Russie), le 15 février 2013
Le passage de l'astéroïde à Tcheliabinsk (Russie), le 15 février 2013 Crédit : OLEG KARGOPOLOV / 74.RU / AFP

Et pour cause : le 15 février 2013, un astéroïde de 19 mètres avait explosé au-dessus de la ville de Tcheliabinsk en Russie, sans que les scientifiques ne le détectent avant son entrée atmosphérique. Bilan : 1.500 blessés et 3.613 bâtiments dont les vitres ont été soufflées. Une énergie libérée équivalente à 30 fois la bombe de Hiroshima... Le géocroiseur avait pourtant explosé à plus de 30 km d'altitude.

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