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Quel avenir pour les fonderies françaises ?

Renault a mis en vente la Fonderie de Bretagne dans le Morbihan, symbole du patrimoine industriel français.

Un salarié devant la Fonderie de Bretagne, lundi 25 mai 2020
Un salarié devant la Fonderie de Bretagne, lundi 25 mai 2020
Crédit : Fred TANNEAU / AFP
Le gouvernement veut régler le problème des fonderies avant qu'il ne soit trop tard
03:31
Le gouvernement veut régler le problème des fonderies avant qu'il ne soit trop tard
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Anaïs Bouissou - édité par Marie Zafimehy

Dans le Morbilhan, le sort de la Fonderie de Bretagne, mise en vente par le groupe Renault, inquiète les salariés. À travers les fonderies françaises, c’est un pan de notre patrimoine industriel dont le sort se joue en ce moment.   

Le problème aujourd’hui c’est que l’histoire et le futur s’entrechoquent violemment. Les fonderies sont intimement liées à l’industrie française. La révolution industrielle, les constructions de l’après-guerre, les Trente Glorieuses. Les matériaux fondus ont construit nos trains, nos routes, les tuyauteries de nos logements.   

Et l’histoire des fonderies c’est aussi et surtout celle de notre industrie automobile. Les moteurs thermiques, les jantes des voitures. Mais à l’avenir, le thermique, le diesel vont laisser place à l’électrique, et de plus en plus vite. Les constructeurs s’y mettent, sous l’impulsion des décisions politiques. Sous l’urgence climatique, et la crise sanitaire n’a rien arrangé. 

La situation est tellement grave, que d’ici 10 ans, 40% des emplois risquent de disparaitre

Anaïs Bouissou

Et c’est en ce moment-même que l’avenir des fonderies bascule… Les fonderies emploient 30.000 salariés, dont 15.000 uniquement pour fabriquer des pièces automobiles. Toutes celles qui sont spécialisées dans le fer, l’acier, la fonte, sont en grand danger. Parce que les métaux ferreux, on en utilise quatre fois moins dans un véhicule électrique, qu’une voiture diesel. Parce qu’il y a le poids de la concurrence, partout dans le monde. Et qu’il y a très peu de marges entre une pièce et son prix de vente. La situation est tellement grave, que d’ici 10 ans, 40% des emplois risquent de disparaitre.   

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Alors, comment sauver le secteur ? Déjà, tout le monde ne pourra pas être sauvé. Il y aura forcément de la casse. Le plan du gouvernement, c’est donc d’accompagner les salariés qui vont perdre leur emploi. Les former sur des métiers plus porteurs, les aider s’ils doivent déménager. Un fond de 50 millions d’euros a été annoncé. Dont 20 millions portés par les constructeurs Renault, et l’ex-PSA, Stellantis. Il est trop tôt pour savoir si ce sera efficace, mais c’est déjà une prise de conscience.   

La CGT a réclamé une table ronde sur l’avenir du secteur

Anaïs Bouissou

Ensuite, les syndicats demandent du dialogue. Hier encore, la CGT a réclamé une table ronde sur l’avenir du secteur. Effectivement se parler restera la base pour avancer. Et enfin, ré-industrialiser, se diversifier, garder en France ou en Europe, le maximum d’activités, sera essentiel pour l’avenir. La pénurie de semi-conducteurs le montre bien en ce moment. En cas de crise, dépendre d’importations du monde entier, c’est particulièrement dangereux.

Vous voyez, c'est loin d'être gagné, l'avenir sera douloureux, mais la petite touche d'espoir, c'est que le violent choc de la crise a paradoxalement peut-être permis à tout le monde de prendre conscience de l'urgence d'anticiper le devenir des fonderies. 

Le Plus : les banques européennes en sortie de crise ?

Votre plus, les banques européennes perçoivent déjà la sortie de crise... Vers un retour à meilleure fortune comme on dit. C’est la tendance qui devrait se dessiner à l’occasion des résultats trimestriels que toutes les banques vont publier dans les prochains jours. L’agence de notation Fitch anticipe, malgré des incertitudes, une reprise graduelle.  

La Note : 16/20 aux producteurs laitiers

C’est la note de l’encouragement. Parce que leur dernier baromètre social est sombre. Entre les conditions de travail, la faiblesse des revenus, le manque de reconnaissance et les départs à la retraite, 1 producteur laitiers sur 3 envisage de réduire voire d’arrêter sa production à court terme. C’est une étude du centre interprofessionnel de l’économie laitière. Alors ce matin, on leur met une bonne note, pour leur dire qu’on les aime et qu’ils restent indispensables.  

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