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Qu'ils sont ou qu'ils soient ?

Quand un panneau, sur un parcours de golf, divise les sportifs, Muriel Gilbert fait office de juge de paix.

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Qu'ils sont ou qu'ils soient ? Crédit Image : DR | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

Aujourd’hui, amis des mots, nous allons parler golf… et surtout d’un panneau litigieux planté sur le terrain de golf de Royan, en Charente-Maritime. Je reçois de nos auditeurs des messages de toutes sortes, comme si le Bonbon sur la langue était devenu une sorte de service public de la langue française : quand on est turlupiné par une quelconque question de langue, il semble que l’on écrive désormais à langue@rtl.fr.

Il y a ainsi à Royan un golfeur turlupiné, du nom de Jean-Jacques Bressier. Il m’adresse le message suivant : "Bonjour Madame. Je me permets de vous écrire pour voir si vous pourriez nous départager (mon épouse, des amis et moi-même) sur la question suivante. Un panneau sur notre terrain de golf dit : "Avant de Taper votre Départ, assurez-vous que les joueurs de la partie qui vous précède sont hors de portée".

"Nous nous interrogeons sur l'emploi de 'sont hors de portée'. Certains disent que l'usage de sont est impropre, que cela ne peut être que soient, d'autres disent que les deux sont corrects. Pour être tout à fait franc, précise Jean-Jacques, je suis d’avis que sont est préférable à soient, même si cela peut sembler contredire la règle du subjonctif après que".

Indicatif ou subjonctif ?

Alors, Jean-Jacques a-t-il raison ? Ou bien les autres golfeurs ? Voyons d’abord ce qui est en jeu, ici - en dehors d’une victoire en 18 trous. Le texte du panneau, "assurez-vous que les joueurs SONT hors de portée" est à l’indicatif. Certains joueurs estiment qu’il devrait être au subjonctif : "assurez-vous que les joueurs SOIENT hors de portée".

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En fait, tout le monde a raison. Les deux modes sont envisageables ici, avec une petite nuance de sens, le subjonctif ayant une valeur de fait envisagé, tandis que l’indicatif est le mode du réel, mais, dans le cas présent, les deux conviennent.

Quelle est la règle ?

Jean-Jacques évoque une "règle" du subjonctif après la conjonction que, mais ce n’est pas aussi simple. Il y a quantité de constructions avec que qui exigent en effet le subjonctif ("je veux qu’il vienne" et surtout pas "je veux qu’il vient" ; "il faut qu’elle aille au boulot" et pas "il faut qu’elle va" ; "afin qu’ils puissent se marier" et non "afin qu’ils peuvent").

En revanche, on peut tout aussi bien dire, "je cherche une voiture qui ait la clim" ou "je cherche une voiture qui a la clim", "Je ne crois pas que quatre et quatre fassent neuf" ou "je ne crois pas que quatre et quatre font neuf" ; "Je ne pense pas qu’elle viendra ce soir" ou "je ne pense pas qu’elle vienne ce soir".

À noter, dans ce dernier cas, que si la phrase est affirmative, on utilise forcément l’indicatif : "je pense qu’elle viendra", et jamais le subjonctif "je pense qu’elle vienne".

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