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Paris Première "disparaîtra, si on ne la met pas en gratuit rapidement", assure Nicolas de Tavernost

REPLAY - REPLAY / INVITÉ RTL - Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a annoncé le passage de LCI sur la TNT gratuite jeudi 17 décembre. La demande de Paris Première, elle, a été rejetée au grand regret de Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6.

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Paris Première "disparaîtra, si on ne la met pas en gratuit rapidement", assure Nicolas de Tavernost Crédit Image : Cécile de Sèze / RTL.fr | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi et Ludovic Galtier

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a donc tranché. Il a rejeté la demande de passage de Paris Première sur la TNT gratuite. C'est la troisième fois que le dossier est examiné par l'instance de régulation de l'audiovisuel. Paris Première est reçue via le câble, le satellite, l'ADSL par un tiers des Français. Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6, auquel appartient Paris Première, juge cette décision "incompréhensible. "On aurait souhaité que 100% [des Français reçoivent la chaîne]". Le CSA nous l'a refusé pour la troisième fois. La deuxième fois, il a été condamné par le Conseil d'État à réexaminer notre demande et il a reconfirmé son refus".

Nicolas de Tavernost se dit "très mécontent". "Nous ne pouvons pas développer Paris Première sur la seule télévision payante. Il n'y a pas assez de Français qui la regardent. J'aurais compris que le CSA refuse le passage de M6 de chaîne gratuite à chaîne payante. Mais de transformer une chaîne payante en chaîne gratuite, on ne voit pas où est le désintérêt du public dans le fait de la recevoir. Paris Première est une chaîne différente des autres. Elle a des ambitions différentes."

On ne peut pas dire qu'il y a un excès de culture sur la TNT gratuite

Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6
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Confronté au refus du CSA, Nicolas de Tavernost parle de "menace très claire sur cette chaîne" et se réjouit du passage en clair de LCI obtenu par Nonce Paolini, patron de TF1.  "Les ennuis commencent pour lui [Alain Weill, patron de Next Radio TV qui détient BFMTV va déposer un recours contre la décision du CSA]. Le CSA fout le bazar. On est le seul pays à autoriser autant de chaînes d'information gratuites sur la TNT." 

Pour le président du directoire de M6, Paris Première n'a pas les mêmes arguments. C'est une chaîne à vocation culturelle. "On ne peut pas dire qu'il y a un excès de culture sur la TNT gratuite". Le président du directoire remet en cause le motif de refus économique évoqué par le CSA. "L'argument selon lequel Paris Première n'est pas assez en mauvaise santé pour passer en TNT gratuite est un argument absurde. On ne va pas attendre qu'on soit au cimetière pour nous autoriser. Là où c'est suspect, c'est que le CSA a changé sa motivation. Dans un premier temps, il a interdit Paris Première parce qu'il fallait protéger les autres chaînes de la TNT gratuite comme Numéro 23 que le CSA a qualifié lui-même de fraudeur."

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Lors du dépôt de sa troisième demande, Nicolas de Tavernost garantit qu'il ne s'agit pas "de faire la même chose que les autres chaînes de la TNT gratuite. Il est ennuyeux de constater une décision incohérente. Le CSA doit prendre des décisions dans l'intérêt du public, visiblement ça ne l'est pas."

"Nous ne pourrons pas maintenir Paris Première sur la durée"

Que peut faire Paris Première maintenant ? "Nous allons faire un recours. Jusqu'à que ce recours soit tranché, nous allons continuer de développer cette chaîne. Nous tirerons les conséquences si nous perdons ce recours. On ne peut pas, quand on est l'instance de régulation, empêcher le public de bénéficier d'un peu plus d'ambitions."

Nicolas de Tavernost n'a pas joué la même stratégie que LCI, c'est-à-dire "je ferme si tu ne me donnes pas l'autorisation. Nous, nous n'avons pas voulu faire de chantage. Mais on ne pourra pas maintenir cette chaîne sur la durée. Si on ne met pas cette chaîne en gratuit rapidement, Paris Première disparaîtra et la responsabilité en incombera exclusivement au CSA". Le président de M6 a vanté la qualité et la variété des programmes diffusés par Paris Première. "C'est une performance Paris Première. Il y aune cinquantaine d'emplois directs et beaucoup d'emplois indirects dans le spectacle, dans la production".

En conclusion, Nicolas de Tavernost ne lâche rien. "Le CSA a failli à sa mission de régulation. C'est la caractéristique de la situation française aujourd'hui. Quelques personnes sont à des postes clés empêchent l'économie française de fonctionner correctement, les industries culturelles de se développer. Cette responsabilité doit être dénoncée. On travaille depuis cinq ans sur ce dossier." 

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