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Opération Barkhane : la France doit-elle remettre en cause sa présence au Mali ?

Après la mort d'un 53e soldat depuis le début de l’engagement de la France au Sahel et la complication des relations avec la junte liée à l'arrivée du groupe russe Wagner, la France fait face à un dilemme.

La force Barkhane déployée au Mali (illustration)
La force Barkhane déployée au Mali (illustration)
Crédit : Daphné BENOIT / AFP
Opération Barkhane : la France doit-elle remettre en cause sa présence au Mali ?
03:16
Opération Barkhane : la France doit-elle remettre en cause sa présence au Mali ?
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Julien Fautrat - édité par Quentin Marchal

Un nouveau soldat est mort au Mali samedi 22 janvier. Alexandre Martin, 24 ans, est le 53e militaire à perdre la vie depuis le début de l’engagement de la France au Sahel, au moment où les relations avec la junte malienne se dégradent de jour en jour.

Samedi, il était environ 17h sur la base française à Gao, que l’armée appelle "la plateforme opérationnelle Désert (PFOD)", lorsque ce camp a été attaqué par une dizaine d'obus de mortier. Alexandre Martin en a été la victime et neuf autres soldats ont été blessés. Aucun d'entre eux ne fait cependant l'objet d'un rapatriement immédiat.

Cette base est située près du plateau de Batal, un terrain qui permet aux jihadistes de lancer des attaques au mortier. Les patrouilles de soldats font des rondes presque quotidiennement, avec des vols de drones, et trouvent souvent des lanceurs dissimulés. Ce plateau avait par ailleurs déjà été utilisé comme une zone de tirs contre la force Barkhane, malgré cette surveillance continue.

La présence du groupe Wagner pointée du doigt

Alors que la France est militairement présente depuis neuf ans au Mali et malgré les exécutions de nombreux chefs djihadistes, des groupes, affiliés à Al-Qaïda, ont conservé un fort pouvoir de nuisance.

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De plus, la France ne peut pas compter sur l’État malien. Les relations avec la junte au pouvoir sont exécrables. Pour preuve, une manifestation a eu lieu sur place il y a dix jours où des dizaines de milliers de personnes ont prononcé des slogans anti-français. Le Premier ministre y haranguait la foule, vêtu d’un treillis.
 
La junte au pouvoir n’a pas demandé à la France de quitter le Mali mais attise un sentiment anti-français, face à l’ancienne puissance coloniale, et le gouvernement joue aujourd’hui sur cette rhétorique.

Le Mali se tourne d'ailleurs vers d’autres partenaires que la France et la junte a choisi de collaborer avec le sulfureux groupe paramilitaire russe Wagner, réputé proche du Kremlin. C’est d’ailleurs à Wagner que des experts attribuent les fausses informations, les vidéos, même de faux journaux d’information, qui circulent au Mali, constitués d'une propagande russe anti-française.

Dans ses vœux aux armées, mercredi 19 janvier, Emmanuel Macron a vivement critiqué l'action du groupe Wagner : "Utilisation de mercenaires, usage débridé de la désinformation... les exemples abondent de ce qui devient permis lorsque sont transgressés le droit international et les bonnes conduites".

La France doit-elle quitter le Mali ?

Quitter le Mali ou y rester, tel est le dilemme français. La France est déjà désengagée au Nord du Mali et selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, il faut y rester mais "pas à n’importe quel prix"

La position du gouvernement est néanmoins difficile à lire. Lorsque les rumeurs de présence de Wagner sont devenues insistantes, les autorités françaises ont menacé de quitter le pays en raison de l'incompatibilité avec le groupe russe. Or Wagner est arrivée et la France est toujours là.

La Suède a décidé de faire ses valises depuis la confirmation de l’arrivée des paramilitaires russes avec le retrait de ses 150 militaires (deuxième force derrière la France), ce qui a provoqué un malaise.
 
Une voix au sein des experts diplomatiques gagne du terrain, l’idée qu’on ne peut pas aider un pays contre son gré. Au risque de laisser le champ libre à la Russie dans un contexte où les relations avec Vladimir Poutine se tendent chaque jour un peu plus sur beaucoup d’autres dossiers.

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