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"On envoie un très mauvais signal aux candidats" : faut-il en finir avec les fautes éliminatoires au permis de conduire pour désengorger l'examen ?

Un groupe de travail piloté par la Délégation à la Sécurité routière planche sur une possible simplification de l’examen du permis de conduire. Parmi les pistes étudiées : un assouplissement des fautes dites "éliminatoires", qui pourraient ne plus entraîner automatiquement l’échec du candidat. Une réflexion qui suscite déjà de vives réactions chez les professionnels.

Une instructrice d'auto-école avec son élève au Mans.

Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Christophe Bourroux

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Bientôt la fin des fautes éliminatoires à l'examen du permis de conduire ? La question est désormais sur la table d'un groupe de travail piloté par la Délégation à la Sécurité routière, et celui-ci planche sur une possible simplification de l’examen du permis de conduire. Selon les pistes à l’étude, certaines erreurs ne conduiraient plus systématiquement à un échec.

Concrètement, un candidat qui ne marquerait pas un stop pourrait ne plus être recalé, à condition qu’aucun véhicule ne se trouve à l’intersection et qu’aucun danger ne soit caractérisé. De la même manière, un changement de voie sans vérification visible dans le rétroviseur pourrait être toléré, selon l’appréciation de l’inspecteur.

L’idée serait de laisser davantage de marge d’évaluation à l’examinateur, plutôt que d’appliquer une règle automatique. Une évolution majeure, alors que, dans neuf cas sur dix, l’échec à l’examen est lié à une faute éliminatoire.

Désengorger un système saturé

Chaque année, plus d’un million et demi de candidats se présentent au permis de conduire, pour un taux de réussite qui ne dépasse pas 60%. Les délais d’attente s’allongent et le système est régulièrement pointé du doigt pour son engorgement.

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L’assouplissement des règles pourrait permettre de fluidifier les passages d’examen et d’augmenter mécaniquement le taux de réussite. À ce stade toutefois, la Sécurité routière précise qu’aucune décision n’a été prise. Il s’agit uniquement de pistes de réflexion.

Ces propositions sont loin de faire l’unanimité, notamment du côté des auto-écoles. Benjamin Panis, président de l’UNIC, l’Union des indépendants de la conduite, dénonce une mesure dangereuse. "Le danger, c’est d’envoyer un très mauvais signal aux usagers de la route, aux candidats du permis de conduire", a-t-il alerté au micro de RTL. 

On leur dit que réaliser une faute le jour de l’examen ne sera pas sanctionné et on les met sur la route.

Benjamin Panis, président de l’UNIC, l’Union des indépendants de la conduite

Avant de conclure : "Aujourd’hui, la mortalité sur la route est en train de repartir à la hausse, on rencontre des problèmes avec le protoxyde d’azote, des comportements dangereux sur la route. C’est lancer un très mauvais signal auprès des candidats au permis de conduire et de la population de baisser le niveau du permis de conduire, de baisser le niveau d’exigence."

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