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Nancy : l'ARS envisage de supprimer des postes à l'hôpital, colère chez les soignants et les élus

Le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de la région Grand-Est a suscité un tollé vendredi en déclarant qu'il ne voyait pas de raison de "remettre en cause" la suppression de 598 postes au sein du CHRU de Nancy en pleine crise du coronavirus.

L'ARS Grand-Est prévoyait de supprimer 598 postes au CHRU de Nancy.
L'ARS Grand-Est prévoyait de supprimer 598 postes au CHRU de Nancy. Crédit : AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Jour après jour, le personnel soignant insiste : il manque de moyens pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus. Et la situation ne devrait pas s'améliorer dans la région Grand Est si l'on en croit les propos de Christophe Lannelongue, directeur de l'Agence régionale de santé (ARS). Ce dernier a estimé vendredi 3 avril, qu'il n'y avait "pas de raison de remettre en cause" les fermetures de lits et les suppressions de postes prévues pour les cinq prochaines années à Nancy.

Interrogé lors d'une conférence de presse téléphonique sur la situation épidémique dans le Grand Est, Christophe Lannelongue a confirmé qu'il poursuivrait la politique actée par le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo). Celle-ci prévoit la suppression sur cinq ans de 174 lits (sur 1.577 en 2018) et de 598 postes au CHRU de Nancy (sur environ 9.000). "Nous aurons quelques semaines de retard mais la trajectoire restera la même", a-t-il ajouté. Des propos qui ont fait vivement réagir le personnel soignant et les personnes élues localement.

Mise au point du ministre de la Santé

Plusieurs d'entre elles, ont écrit au ministre de la Santé, Olivier Véran. Face à la polémique qui n'a cessé d'enfler ce week-end, notamment sur les réseaux sociaux, ce dernier s'est fendu d'une mise au point dimanche sur Twitter. 

Dans un message posté sur le réseau social, le ministre a estimé que, "à Nancy comme partout, l'heure est à la mobilisation de tous pour faire face au #COVID19". "L'heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent & de refonder notre Hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra", a-t-il ajouté.

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Auparavant, de nombreux élus lorrains avaient dénoncé les propos de Christophe Lannelongue alors que les personnels soignants, très fortement sollicités depuis le début de l'épidémie, ne cessent de réclamer plus de lits et dénoncent les plans de restriction budgétaire. "Alors que les équipes du CHRU vont au bout du bout de leur investissement personnel, la position exprimée par (l'ARS) est à la fois déconcertante et indécente", a tweeté Laurent Hénart, maire centriste de Nancy et président du conseil de surveillance du CHRU. "Pour moi, le Copermo est mort", a-t-il déclaré au quotidien régional L'Est Républicain, estimant que "l'hôpital demain" aura besoin de "plus de lits", y compris celui de Nancy.

Président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, le socialiste Mathieu Klein a indiqué dans un tweet avoir écrit à Emmanuel Macron "pour lui demander d'annuler la dette de l'hôpital public", notamment celle du CHRU de Nancy, et de ne "pas engager de suppressions de postes supplémentaires. Non soutenable avant le #Covid19, insoutenable après". Sollicité par l'AFP, l'ARS Grand Est n'a pas réagi.

Je fais mon boulot

Christophe Lannelongue
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Interrogé par France 3 Grand Est, Christophe Lannelongue a justifié des propos "sortis de leur contexte". "Moi, je fais mon boulot. J'applique ce que le ministère a décidé", a-t-il simplement expliqué au média régional. Il estime par ailleurs avoir volontairement été "piégé". "Il y a des gens qui exploitent le malheur de cette région. Moi, je gère la crise. C'est toute la différence."

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