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Mort de Jacqueline Sauvage : pourquoi sa grâce a fait polémique

ÉCLAIRAGE - Condamnée en 2014 à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent en 2012, Jacqueline Sauvage a été graciée par François Hollande en 2016.

Jacqueline Sauvage
Jacqueline Sauvage Crédit : Handout / TF1 / AFP
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Paul Turban Journaliste

Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage tue son mari de trois coups de fusil dans le dos. Un mari dont la violence est indubitable, et qu'une de ses filles accuse même de viol. En 2014, elle est condamnée à 10 ans de prison, une peine confirmée en 2015. La même année, François Hollande lui accorde une "remise de peine gracieuse" avant de la gracier totalement en 2016

La grâce présidentielle est prévue par la Constitution de la Ve République. Son article 17 prévoit que "le président de la République a le droit de faire grâce à titre individuel." Autrement dit, le chef de l'État peut, s'il le souhaite, annuler ou modifier une peine

En règle générale, et donc dans le cas de Jacqueline Sauvage, ce droit de grâce est perçu par certains comme un pouvoir archaïque, qui va à l'encontre de la séparation des pouvoirsEn 2016, Virgine Duval, président de l'Union syndicale de la Magistrature (USM) avait estimé que la grâce n'était "pas un bon signal pour toute la justice et pour les gens qui sont concernés par les décisions de justice." 

"On cède devant l'opinion publique, s’inquiétait alors Virginie Duval. Le fait que Jacqueline Sauvage ait pu subir des choses inadmissibles était déjà pris en compte au moment où des jurés populaires ont pris des décisions dans la cour d'assises. Là, alors que [la justice] avait pris des décisions en ayant connaissance de toute la situation, on a une décision prise sous le coup de l'émotion, avec les pressions de l'opinion publique."

Jacqueline Sauvage, victime et/ou coupable ?

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La polémique portait aussi spécifiquement sur le cas de Jacqueline Sauvage. Nul n'a jamais nié qu'elle avait subi, pendant 47 ans, des violences conjugales répétées de son mari. Norbert Marot était non seulement un mari violent, mais aussi un père violent et incestueux selon ses filles

Pour autant, certains proches du dossier, qui connaissaient Jacqueline Sauvage, estimaient que son portrait devait être nuancé. "Cet 'enfer depuis quarante-sept ans' véhiculé, relayé, craché, asséné, cette image, ce slogan prompt à enflammer celles et ceux qui l’entretiennent sans savoir, sans même vouloir savoir, il n’est pas celui que la vérité judiciaire de votre histoire établit, Madame", lui rappelait ainsi dans une lettre ouverte Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de Jacqueline Sauvage

"Il n’est pas celui qui vous aurait permis de bénéficier d’un état de légitime défense, dans un acte proportionné, nécessaire et immédiat de riposte à une agression de votre mari, ajoutait-il. Lutter contre les violences intrafamiliales, contre les violences faites aux femmes ne peut passer par la violence criminelle dont vous vous êtes rendue coupable."

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