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Évaluations en maths et français : comment évolue le niveau des élèves en France ?

Les évaluations de début d'année scolaire en CP, CE1 et 6e montrent que le niveau des élèves sur un an est globalement stable, très légèrement en hausse en maths mais en baisse en français en CE1 et 6e.

Une élève en classe de CP
Une élève en classe de CP
Crédit : Marie Guerrier / RTL
Les résultats des évaluations CP-CE1-6e
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Édouard Geffray tire le bilan des évaluations CP-CE1-6e
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Marie Guerrier

En septembre, près de 1,6 millions d'élèves de CP et CE1 ont passé des évaluations standardisées sur papier dans plus de 33.000 écoles publiques et privées sous contrat, portant sur les compétences en Maths et en Français. Le ministère de l'Éducation nationale vient de publier les résultats ce ces évaluations. C'est la cinquième édition de ce dispositif d'évaluation. En 6e, plus de 810.000 élèves ont été évalués en maths et en français sur support numérique et en fluence à l'oral, dans plus de 7.000 établissements.

La crise sanitaire est probablement responsable de la baisse du niveau des élèves de CE1 et de 6e. Il faut se souvenir qu'en janvier et février dernier, au début de l'année 2022, les écoles primaires ont vécu au rythme des fermetures de cas, du pataquès provoqué par la cascade de cas Covid, de cas contact, de tests à réaliser à répétition... La scolarité a été fortement perturbée pendant deux mois. Or janvier et février sont des mois charnières dans l'apprentissage de l'écriture et de la lecture en CP et l'on constate dans les évaluations de la rentrée de septembre pour ces élèves qui sont désormais en CE1, des difficultés à écrire des mots et à comprendre un texte lu tout seul. 

Déjà, après le confinement du printemps 2020, l'Éducation nationale avait observé que la fermeture des classes avait été particulièrement préjudiciable à ce type d'apprentissage. C'est donc une redite, et le Directeur Général de l'Enseignement Scolaire (DGESCO), Édouard Geffray, le numéro deux du ministère se veut optimiste. Le retard que les élèves avaient pris en 2020 a pu être compensé l'année suivante en 2021, donc dit-il, "on va croiser les doigts pour qu'il n'y ait pas de nouvelle vague Covid et que les élèves puissent retrouver leur niveau."

56% des élèves de 6e lisent plus de 120 mots correctement en une minute

Concernant les élèves qui étaient en CM2 en janvier et février 2022 et qui viennent d'être évalués à l'entrée en 6e, on voit qu'ils sont eux aussi moins performants sur les compétences attendues en français (compréhension de l'écrit, de l'oral, étude de la langue). Le groupe des élèves les plus faibles est passé de 8,5% l'an dernier à 11,3% cette année, et en fait, tous les groupes de niveau baissent, même celui des plus performants en français qui représente 18,3% au lieu de 20,2% l'an dernier. 

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Baisse des compétence en français sauf en fluence, le test de lecture à voix haute est mieux réussi. Cette année, près de 56% des élèves de 6e lisent plus de 120 mots correctement en une minute, c'est trois points de mieux que l'an dernier. Et le groupe des plus faibles, qui lisent moins de 90 mots à la minute, baisse d'un point. Cela fait deux ans maintenant que l'accent est mis par les profs sur cette compétence de la fluence qui allie à la fois rapidité de lecture, respect de la ponctuation et l'intonation. L'intonation permet de savoir si l'élève comprend ce qu'il lit. 

En maths en 6e, le nombre d'élèves performants augmente

En maths, l'Éducation nationale constate, comme après le confinement de 2020, que la crise sanitaire n'affecte quasiment pas l'apprentissage. Le niveau est globalement stable en primaire voire en légère progression. En CP, les résultats sont meilleurs pour "écrire les nombres", "comparer les nombres", "résoudre des problèmes".  Et en CE1, les élèves ont progressé en soustraction. Ces améliorations sont un effet du plan maths déployé en  primaire depuis trois ans assure Édouard Geffray.

À l'entrée en 6e, ce qui frappe, c'est qu'il y a davantage d'élèves performants, mais aussi davantage d'élèves faibles voire très faibles. L'écart augmente. "Avoir une part croissante d'élèves très à l'aise est une bonne nouvelle", se réjouit le directeur général de l'enseignement scolaire, "parce que ça veut dire que la France parvient à former à nouveau des élèves qui en sortant du primaire sont excellents en mathématiques, alors que depuis 25 ans, dans les évaluations internationales, la part des élèves français excellents en maths au collège baissait de manière substantielle." Il reconnait que tout l'enjeu est de continuer à former des élèves excellents tout en faisant en sorte que les élèves les plus faibles puissent résorber leurs difficultés. 

Pap NDiaye, le ministre de l'Éducation nationale a déjà annoncé le 13 novembre, qu'il voulait mettre en place dès la rentrée de septembre 2023 des modules de niveau en 6e sur une heure ou une heure et demie de cours. Un module de consolidation pour les élèves en difficulté et un module d’approfondissement pour stimuler ceux qui sont plus avancés.

Les élèves des quartiers les plus défavorisés réduisent l'écart avec les autres élèves

L'Éducation nationale se félicite des résultats des élèves en Réseau d'Éducation Prioritaire Renforcée, en REP+, c'est à dire dans les établissements les plus défavorisés socialement. 


"Jusqu'à présent en CP on avait des écarts importants avec les autres élèves hors Éducation Prioritaire" note, Édouard Geffray, "et là pour la première fois nous avons des élèves qui sont nettement meilleurs et un écart qui se réduit". Autrement dit, insiste le DGESCO, "jamais un élève de REP+ depuis quatre ans n'a eu d'aussi bons résultats, que ce soit en CP, en CE1 ou en 6e." 

En CP, cette réduction des écarts intervient alors que les élèves évalués cette année ont bénéficié de classes de Grande Section qui étaient pour la première fois toutes dédoublées l'année dernière. Pour les autres niveaux, l'Éducation nationale y voit les fruits des dédoublements en CP et CE1 initiés par le précédent ministre Jean-Michel Blanquer à partir de 2027 et déployés désormais totalement en REP et REP+, ainsi que le fruit du travail des enseignants qui ont adapté leur pédagogie à ces dédoublements. 

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