1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Marseille : les éboueurs mettent fin à leur grève alors que les poubelles débordent
3 min de lecture

Marseille : les éboueurs mettent fin à leur grève alors que les poubelles débordent

En grève depuis une semaine, les éboueurs de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ont progressivement repris leur collecte des déchets vendredi. Un accord autour de l'application des 35h a été trouvé.

Photo de poubelles (illustration)
Photo de poubelles (illustration)
Crédit : JOEL ROBINE / AFP
Quentin Marchal & AFP

C'est un soulagement pour de nombreux habitants. La collecte des déchets a repris progressivement dans la soirée de ce vendredi 1er octobre dans la métropole d'Aix-Marseille-Provence, commençant ainsi à vider des rues où les ordures débordent. Les éboueurs étaient en grève depuis une semaine en raison de mécontentement autour de leur temps de travail.

Dans la nuit de jeudi et vendredi, la métropole dirigée par la LR Martine Vassal et le syndicat majoritaire FO ont trouvé un accord autour de l'application des 35h pour les éboueurs, avec une décote de 9,5% pour tenir compte de la pénibilité. FSU a également signé cet accord, pas la CGT.

Des bennes ont donc recommencé à sortir pour les tournées vendredi soir, a appris l'AFP auprès de la métropole qui s'étend sur 92 communes. "Le mot d'ordre est une reprise du travail dès ce soir et l'ensemble des secteurs devraient reprendre d'ici lundi", avait indiqué à l'AFP vendredi après-midi Patrice Ayache, secrétaire général adjoint de FO, syndicat majoritaire chez les territoriaux de Marseille et sa métropole.

Selon la collectivité, quelques jours seront nécessaires pour faire disparaître les montagnes de déchets qui s'amoncellent dans les rues et dégoulinent sur les trottoirs et la chaussée dans de nombreuses rues étroites de Marseille ou d'Aix-en-Provence, suscitant dégoût et exaspération. Le retour à la normale devrait mettre environ une semaine.

Une valorisation salariale de 80 euros par mois

À lire aussi

La métropole, issue du regroupement de six intercommunalités, souhaitait harmoniser le temps de travail de tous ses agents et se conformer à la loi de transformation de la fonction publique de 2019, qui impose l'application des 35 heures au 1er janvier 2022 (soit 1.607 heures de travail par an), tout en ouvrant la possibilité de négocier des aménagements pour tenir compte de la pénibilité.

Au départ, elle proposait une baisse de 5% du temps de travail, soit 1.530 heures. Finalement une baisse de 9,5% du temps de travail (autour de 1.460 heures) a été accordée, avec l'ouverture d'un Compte épargne temps, la mise en place de formations pour éviter les accidents et une aide à la reconversion, notamment.

"Ce n'est pas la question du pourcentage de baisse du temps de travail qui nous préoccupait, mais le fait que les agents ne devaient pas perdre de jours de congés ni d'euros de salaire. Et non seulement ils ne perdent pas les 28 jours qu'ils risquaient de perdre mais ils auront une valorisation salariale de 80 euros/mois", a précisé Patrice Ayache.

Mais pour la CGT, l'accord est inacceptable: "La métropole joue le pourrissement. La sortie de conflit est loin d'être une certitude", a indiqué le syndicat minoritaire à l'AFP. Selon lui, les tournées ne vont pas reprendre vendredi soir sur certains secteurs comme à Martigues, à Istres ou dans certains quartiers de Marseille.

3h30 de travail par jour ?

Le temps de travail des éboueurs est un vrai serpent de mer dans la deuxième ville de France, où la règle non officielle du "fini-parti" est l'objet de nombreux fantasmes. Roland Mouren, vice-président de la Métropole délégué à la propreté et aux déchets, a avancé cette semaine devant la presse un temps de travail moyen de 3 heures à 3 heures 30 par jour sur six jours

Il se référait à un avis de la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte-d'Azur en date de 2017, qui indiquait que le temps de travail effectif moyen oscillait entre 5,5 heures pour un cantonnier, 3 heures 30 pour les chauffeurs ou 2 heures pour un équipier de collecte. Mais le temps de service moyen, comprenant "trajet, vidage, pause et prise de service", atteint lui 5 heures 30 à 6 heures par jour.

"Il n’y a aucun agent qui travaille 3 heures 30", assure FO. "On stigmatise les agents. On ne peut pas comparer leur amplitude horaire à celle d'un agent en bureau : l'éboueur, quand il est sur sa benne, il effectue un travail intensif, il y est et il fait que ça, il ne peut pas s'arrêter", commente Patrice Ayache.

Un autre rapport de la chambre régionale des comptes sur la politique de gestion des déchets, très attendu dans le contexte, doit être présenté jeudi 7 octobre en conseil métropolitain

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/