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Les petits arrangements de Lafarge avec l'État islamique

L'entreprise française s'est sciemment arrangée avec l'État islamique pour qu'une de ses cimenteries continue à fonctionner malgré la prise de contrôle de la zone par l'organisation terroriste.

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Les petits arrangements de Lafarge avec l'État islamique Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Dans les journaux ce matin, les petits arrangements. C’est l’histoire d’une dérive, une histoire de "zone grise" comme les guerres en produisent. L’histoire d’une cimenterie en Syrie, l’une des plus modernes et importantes du Proche-Orient, que sa direction a tenté de faire fonctionner coûte que coûte au milieu d’un pays à feu et à sang, au prix d’arrangements troubles et inavouables avec l'État islamique.

Cette histoire c'est celle du cimentier françaisLafarge et elle est révélée par le journal Le Monde daté d'aujourd'hui. Au cœur de cette histoire, il y a la cimenterie de Jalabiya acquise par Lafarge en 2007. Elle est dans le nord-est de la Syrie, pas très loin de Raqqa. Tout se complique en 2013 quand l'État islamique prend le contrôle des villes et des routes autour de l'usine.

Le journal a pu consulter des mails envoyés par la direction de Lafarge en Syrie relatant les arrangements de l'entreprise avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production. Le Monde a également pu constater que des laissez-passer "estampillés du tampon de l’EI avaient été délivrés à l'entreprise française. Ils permettaient aux camions Lafarge de passer les checkpoints sans encombre, moyennant le paiement d'une taxe. Des arrangements aussi pour acheter du pétrole à l'État islamique, qui contrôle toutes les sources de production d'or noir dans la région. Des preuves accablantes pour Lafarge. Réalisme économique ou trahison?

Cette "coopération" aurait duré jusqu'au 19 septembre 2014, date à laquelle Daech s'est tout simplement emparé de la cimenterie. Forçant ainsi Lafarge à fermer boutique. L’usine est devenue, il y a quelques mois, une base pour les forces spéciales occidentales.

Des petits arrangements entre gouvernement et syndicats avant la manifestation ?

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L'idée vient de Bruno Dive dans SudOuest, qui conseille à chacun, gouvernement comme syndicats, de "se montrer raisonnable et de retrouver les vertus du compromis". "Aux syndicats de trouver des nouveaux moyens de protestation, qui ne donnent plus prise aux exactions des casseurs (...), au gouvernement de ne pas passer d'un extrême à l'autre, d'une trop grande impuissance face aux casseurs à un excès d'autorité vis-à-vis des syndicats."

"Qui cédera le premier?  se demande Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne tandis que L'Humanité s'indigne du "marchandage honteux" et de la dérive "ultra-droitière" de l'exécutif. Interdire ou pas la manif? "Si la tentation est grande chez Manuel Valls, elle comporte un inconvénient de taille" selon Yann Marec dans le Midi Libre : la gauche porterait à jamais le fardeau de cette interdiction. Le Canard Enchainé lui exhume ce matin un tweet de François Hollande qui remonte au 1er mars 2012 : "le seul droit que nous avons, c'est le droit de manifester autant que nécessaire". Petits arrangements avec les convictions.

Petits arrangements aussi de l'hôpital Necker pour enfants malades. On vous le disait hier, il a lancé un appel aux dons sur une plateforme internet pour payer la facture des dégâts de la semaine dernière : 200.000 euros de vitres cassées. On s'est tous dit que ça devait être pris en charge par les assurances. Libération a enquêté auprès de l'hôpital qui explique avoir assez d'argent pour remplacer les vitres, mais d'anciens patients se sont manifesté pour participer. Alors, explique une source à la direction de l'AP-HP, c'est l'occasion qui fait le larron. Les donateurs apprécieront.

Libération a aussi voulu savoir "où en est Charlie"

18 mois après l'attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo les ventes et l'équipe commencent à se stabiliser. Les abonnements post-attentat viennent d'arriver à échéance, ce qui permet de dresser un bilan de la situation réelle du journal qui a dégagé 15 millions d'euros de bénéfices en 2015. Combien reste-t-il d'abonnés ? 60.000, contre 180.000 il y a 6 mois. 60.000, c'est 6 fois plus qu'avant les attentats, mais ça veut dire aussi que les deux tiers des abonnés de 2015 n'ont pas renouvelé leur engagement. Normal, explique un membre anonyme de la rédaction, le journal ne tourne plus qu'autour des deux obsessions de Riss, l'Islam et l'extrême droite. Un autre reproche a Riss son emprise sur l'hebdo, sa gestion solitaire. On comprend en lisant l'enquête de Jérôme Lefilliâtre, qu'il faudra encore du temps pour que l'ambiance s'arrange.

En attendant, ni barbu ni FN en une de Charlie cette semaine, mais le Brexit avec un dessin de Vuillemin pas très drôle, représentant la reine d'Angleterre les fesses à l'air. La reine en une de la presse anglaise ce matin : le Sun et et le Daily Express révèlent qu’Élisabeth II a demandé à des invités, lors d'un diner, "donnez moi trois raisons de rester dans l'Europe".

On peut lui en donner une avec l'édito de Gérard Biard dans Charlie.. Demain, écrit-il, l'Europe va peut être se voir arracher une partie d'elle même... Une partie faite de rouquins moches et arrogants qui roulent du mauvais coté de la route, de cérémoniaux désuets, de recettes gastronomiques déprimantes, de gouts vestimentaires discutables. Mais aussi de musiciens inventifs, d'écrivains talentueux, de comiques irrésistibles, d'architectes audacieux, d'artistes dingos, et c'est ce qui fait le charme de l'Europe. Que serait elle sans ses Français mal embouchés, ses Italiens voleurs, ses Polonais alcooliques, ses Portugais poilus, ses Roumains mendiants ses Hollandais flasques ? Elle ne serait que cela justement, un agglomérat de tribus constituées de danseurs folkloriques enfermés dans des clichés xénophobes et fiers d'être nés dans leur trou, c'est ce que la construction européenne a pour objectif de surpasser. L'Europe c'est bien plus qu'un petit arrangement entre voisins.

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