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Les liaisons curieuses : comment ne plus tomber dans le piège

Muriel Gilbert revient sur certaines liaisons qui sont autant de pièges car elles ne s’écrivent pas comme elles se prononcent.

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Les liaisons curieuses : comment ne plus tomber dans le piège Crédit Image : Unsplash/João Silas | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Louis Rigaudière

La semaine dernière, amis des mots, nous avons parlé des DuponD DuponT de la langue française, le mot quand/t dans ses deux versions, T ou D final. Et je faisais remarquer que ce qui piège les gens au moment de décider s’ils doivent mettre un d ou un t au bout de leur quand/t, c’est que la liaison fait toujours entendre un t… même quand c’est un d qui est à la fin de quand : "quand Til est arrivé", "quand Telle rigole", ce sont des quand avec un D, et pourtant la liaison est en T. 

Et ça m’a donné envie de creuser un peu le sujet, naturellement… Car bien sûr, il y a quantité d’autres liaisons comme ça qui suivent des règles étonnantes. Mais, n’ayez pas peur : en fait, aujourd’hui, je pense que je ne vais vous apprendre… quasiment que des choses que vous savez déjà – mais sans savoir que vous les savez. Parce que, ces liaisons étonnantes, les francophones les pratiquent sans y penser. En revanche, ceux qui apprennent le français s’arrachent les cheveux.

Quelques exemples

Des exemples ? J’en ai plein ! Rappelons d’abord que, faire une liaison, c’est prononcer la consonne finale d’un mot qui d’ordinaire ne se prononce pas, avec la voyelle initiale du mot suivant. Quand on dit « premier", on n’entend pas le r final, mais on l’entend dans « mon premier Ramour".

Mais on ne l’entend pas quand on dit « le premier de la classe », parce que là, « premier » est suivi d’un mot, « de », qui commence par une consonne, donc pas de liaison. Idem pour le z final de chez par exemple. On ne l’entend pas quand on dit « chez mes parents », parce qu’il est suivi d’une consonne, mais on l’entend quand on dit « chez Zeux ». 

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Et il y a des liaisons encore plus surprenantes. D’abord, la lettre d finale d’un mot se prononce toujours [t] comme nous l’avons vu pour « quand ». « Quand Telle viendra », « un grand Tescalier ». Aucun Français ne dirait « un grand Descalier »… Et les lettres s et x, elles, se prononcent [z] au lieu de se prononcer sse ou xe. On dit « les Zenfants » et non « lessenfants » et « donne des nouilles aux Zenfants » et non « aux Xenfants ». Marrant, non ? 

Des voyelles parfois trompeuses

Et bien sûr, ce n’est pas tout… Car, dans certains cas hyper-rigolos, les voyelles aussi se mettent à changer de son en cas de liaison. On dit « mon verre est plein » mais « le plein air », « un âge moyen » mais le « Moyen Age », et surtout, j’attire votre attention sur celui-là : on dit « ce gâteau est bon » mais « bon anniversaire ». 

Le bon de « bon anniversaire » se prononce comme dans « bonne fête » à cause de la liaison, mais c’est bien un « bon » B.O.N. masculin, comme le mot « anniversaire ». Le nombre de fois que je vois « bonne anniversaire » écrit « BONNE » sur les réseaux sociaux ! Par pitié, si vous ne devez retenir qu’une chose de cette chronique, c’est celle-ci : bon anniversaire, BON !

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