2 min de lecture langue française

Et si on se faisait une baise ?

Muriel Gilbert nous dit tout tout tout sur les bises, comment on les appelle, combien on en fait, et même par quel côté on commence !

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Et si on se faisait une baise ? Crédit Image : French Fried TV | Crédit Média : Muriel Gilbert | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Raphaël Bosse-Platière

Aujourd’hui, amis des mots, je suis d’humeur câline. C’est parce que j’ai découvert plein de choses sur les bisous dans un livre délicieux qui vient de sortir. Il s’appelle Atlas des expressions de nos régions, et c’est l’œuvre d’un linguiste du nom de Mathieu Avanzi dont j’ai déjà récemment évoqué le travail passionnant. Avec cet atlas, il met en cartes les mots et les expressions qui font les spécificités des différents français qui se parlent dans notre pays.

Mathieu Avanzi s’est notamment intéressé à l’expression "se faire la bise". Cette expression, qui est la plus employée dans le pays pour désigner cette agréable manière de se saluer, est en concurrence par exemple avec "se boujouter" en Normandie, "construit sur le mot boujou, qui est la forme dialectale du français bonjour dans cette région". En Picardie, en revanche, au lieu de se faire la bise, on pourra "faire une baisse". En Suisse romande, on "se fait un bec".

Et parfois en France on dit qu’on se bécote, d’ailleurs, ou on se donne des bécots, c’est la même origine. Dans les Pays de la Loire ou en Poitou-Charentes, parfois on se bise, ou on se bige, tandis qu’en Alsace on se fait un schmutz et qu’en Belgique on se fait une baise. Mathieu Avanzi est allé jusqu’à cartographier le nombre de bises que l’on se fait. Vous en faites combien, vous, amis des mots ?

La majorité des Français s’en font deux. En revanche, "en Belgique comme dans le nord du Finistère, la tradition veut qu’on ne fasse qu’une seule bise" ; en Suisse romande et dans une bonne partie du Sud-Est de la France, c’est trois bises, tandis que les quatre bises, qui étaient fréquentes au nord de la Loire, sont en train de disparaître – peut-être parce qu’on n’a plus le temps ?

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Ces bises, contrairement à ce que beaucoup de monde imagine, ne sont pas une habitude typiquement française : "On se fait aussi la bise dans les pays d’Europe du Sud, nous détrompe Mathieu Avanzi, jusqu’en Russie et dans certains pays arabes et d’Afrique subsaharienne". 

Et figurez-vous que le chercheur a même enquêté sur la joue que l’on tend en premier. Eh bien en gros, les Français tendent la joue droite d’abord… sauf ceux des zones Sud et Grand-Est, qui préfèrent commencer par la gauche. Gare aux carambolages ! Enfin, après tout, ça donne des accidents plutôt agréables… 

En tout cas, si vous voulez savoir dans quelles régions on dit "ce tantôt" pour "cet après-midi", ou "marcher nus pieds" plutôt que "marcher pieds nus", je ne peux que vous conseiller de vous procurer l’Atlas des expressions de nos régions, c’est chez Armand Colin. Et si vous voulez contribuer au prochain livre de Mathieu Avanzi en répondant à ses questions sur les usages linguistiques de votre petit coin de France à vous, connectez-vous sur son site Françaisdenosrégions.com !

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