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Cadet, aîné, benjamin : remettons la famille en ordre

Le plus jeune des enfants de la famille, c’est le benjamin. À moins que ce ne soit le cadet ? Muriel Gilbert met de l’ordre dans la famille.

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Cadet, aîné, benjamin : remettons la famille en ordre Crédit Image : Kensington Palace | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Cassandre Jeannin

Aujourd’hui, amis des mots, nous allons parler de famille. Ce qui m’en a donné l’idée, c’est l’une des multiples plongées que je fais chaque jour dans mes dictionnaires. En corrigeant le portrait d’un comédien publié dans le journal Le Monde, je suis allée vérifier s’il était bien le benjamin de sa famille, comme c’était indiqué dans l’article.

Le benjamin, c’est le plus jeune, par opposition à l’aîné, qui est le premier-né et au cadet, qui est le deuxième… mais qui est aussi parfois le benjamin !

Rembobinons la langue française. En ancien français, on parlait, par ordre d’apparition dans la famille, d’aîné (étymologiquement "celui qui est né-avant") et de puîné (étymologiquement "celui qui est né-après", puis-né, avec un î accent circonflexe comme dans aîné). Ce puîné a été progressivement remplacé par le mot "cadet" qui vient du gascon "capdet", qui voulait dire "chef, capitaine".

Le "cadet" est-il toujours le plus jeune de la fratrie ?

Mais quel est le rapport entre le deuxième enfant de la famille et le capitaine ? J’ai trouvé l’explication dans un ouvrage magnifique, le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey que les éditions Le Robert viennent de ressortir dans un coffret de trois tomes (nettement plus maniables que la version antérieure en deux tomes qui devaient peser 3 kg chacun !).
J’ai ouvert cette merveille à l’entrée "cadet". Je cite : "Le sens moderne de 'celui qui vient après un autre frère par ordre de naissance', attesté dès les premiers emplois, en 1466, vient de ce que les chefs gascons venus servir dans les armées des rois de France au XVe siècle étaient souvent des fils puînés de familles nobles. (…) [Oui, car traditionnellement, si vous vous souvenez, l’aîné des familles nobles héritait des terres, tandis que le deuxième devenait soldat, le troisième étant destiné au clergé]. En ce sens, le mot 'cadet' a supplanté puîné au XVIIIe siècle et il s’est étendu au dernier fils de la famille." Donc au benjamin !

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En somme, ce cadet de Gascogne a tout envahi ! Il a évincé le puîné et il serait en train de faire de même du benjamin que ça ne me surprendrait pas ! Selon Larousse.fr, cadet "se dit de celui des enfants d’une famille qui vient après l’aîné" (mon fils aîné, mon cadet, mon troisième) ; "se dit [aussi] d’un frère plus jeune (j’ai 20 ans, mon frère cadet en a 19)" ; "se dit [également] du dernier-né des enfants, le benjamin."
 
Pour résumer, le premier, c’est l’aîné, le dernier, c’est le benjamin, mais le cadet, c’est soit le deuxième, soit celui qui suit directement n’importe lequel des autres, soit le dernier de la famille, donc un synonyme de benjamin. Moi, c’est clair, je suis l’aînée de la famille. Et vous, amis des mots, vous êtes quoi ?

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