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Les laboratoires d'analyses médicales font grève : les raisons de la colère

REPORTAGE - Les laboratoires d'analyses médicales sont en grève pendant trois jours pour protester contre la restriction annoncée de leur budget. Immersion dans un centre d'analyses biologiques à Clamart dans les Hauts-de-Seine.

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Immersion dans un laboration d'analyses médicales de Clamart, dans les Hauts-de-Seine Crédit Image : SYLVAIN THOMAS / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Paul Turban

Si vous devez réaliser une prise de sang ou une analyse ces jours-ci, vous risquez fort de trouver portes closes. Les laboratoires d'analyses ont décidé d'une grève de trois jours avec fermeture pour protester contre la restriction annoncée de leur budget. C'est un appel massif, porté par six syndicats et grands groupes de biologie médicale. Ils doivent rester fermés de ce mardi 22 octobre au jeudi 24 octobre.

Tous rejettent les 170 millions d'économies prévues l'an prochain, qui équivalent à un gel de leurs recettes, alors même que les dépenses de santé sont censées progresser de 2,3 %. Les laboratoires font valoir des efforts continus depuis 10 ans pour contraindre leurs tarifs. Les représentants expliquent qu'après ces 10 ans d'effort, cette année, c'est le coup de rabot de trop. 

Les laboratoires font face chaque année à un nombre toujours plus grand d'analyses, des innovations à financer, des mesures de sécurité à gérer et du personnel à recruter. Un budget contraint leur parait donc aujourd'hui inadmissible.

Un travail "à la chaîne"

Dans un laboratoire de Clamart dans les Hauts-de-Seine, il y a la partie visible : deux à trois personnes pour aiguiller les patients et leur créer un fichier, et les infirmiers pour faire les prises de sang. Gaëlle, l’infirmière, gère de plus en plus de patients. "C'est à la chaîne, confie-t-elle. Il m'est arrivé de faire 60 voire 80 prélèvements le samedi matin."

Et puis il y a les coulisses. Bien cachés derrière la porte battante, il y a le bruit des machines d’analyse et l’odeur du désinfectant. "Vous voyez les automates, explique Thierry, le directeur. C'est une immense machine qui fait six mètres de long."

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Les techniciens et biologistes prennent le relais pour analyser les prélèvements au plus vite. "La majorité des analyses qui viennent au laboratoire le matin sont terminées le soir au laboratoire, raconte le directeur. Toute la journée, c'est une course contre la montre."

Licenciements en vue

Mais ce qui prend du temps et de l'argent au laboratoire, c'est surtout la sécurité. C’est une gestion à plein temps. "Tout mettre en place le process, s'assurer que tout fonctionne bien, éviter des dérives, ce sont des heures sans compter", explique une qualiticienne.

Avec tous ces frais incompressibles, le directeur ne voit pas comment s’en sortir en cas budget contraint. "Si nous avons une baisse comme il est prévu de 5 %, on envisage des baisses de personnel, le laboratoire sera en grande difficulté", confie le directeur. 

Il attend maintenant un geste de l’Assurance maladie. Après 3 jours de fermeture des laboratoires, une réunion de négociation est programmée le 6 novembre prochain.

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