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La décision que j'ai pris ? Ou prise ?

Il est une règle simple qui est souvent négligée, y compris par les politiques et les journalistes : l’accord du participe passé au féminin. Muriel Gilbert nous donne un truc pour ne plus l’oublier.

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La décision que j'ai pris ? Ou prise ? Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Marie Gingault

Amis des mots, aujourd’hui, je vole au secours d’un de nos auditeurs, Alain, qui m’écrit : "Bonjour madame, j’adore vos chroniques que j’écoute régulièrement (merci, Alain). Elles sont parfois très techniques, et je vous en remercie, mais faites-nous plaisir en abordant quelques fautes simples" et il cite notamment "les accords au féminin des participes"

Souvent, on omet d’accorder au féminin les participes passés et ça lui "écorche les oreilles". "Quelle horreur !, dit-il, surtout quand cela vient des journalistes ou des élus !". Et il donne quelques exemples entendus à la radio : "la décision que j’ai pris" (ça c’est le ministre) et "la décision qu’a pris le gouvernement" (ça c’est le journaliste)".

"Ce matin encore, s’énerve Alain, une jeune femme disait qu’elle s’était 'mis debout' et, l’autre soir, un commentateur sportif célèbre (qu’il ne dénonce pas, merci Alain) répétait sans arrêt : 'la joueuse a été pris de vitesse'", au lieu de "prisE de vitesse", bien sûr. On dit aussi, rappelons-le, "la décision que j’ai priSE", "la décision qu’a priSE le gouvernement", et évidemment quand on est une femme on dit "Je me suis miSE debout".

Avec "être" on accorde, avec "avoir" on n'accorde pas

Alors, c’est vrai, on ne sait pas trop comment accorder ce diable de participe passé, du coup, on n’accorde plus rien, y compris les formes les plus simples. Donc effectivement, sans doute Alain a-t-il raison, une petite piqûre de rappel ne sera pas inutile. N’ayez pas peur, ça va piquer un peu mais ce sera vite passé.

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Evidemment, la diablerie de la chose, ce sont tous les cas particuliers. Mais voici le cas général : le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe. Les verbes sont accordés (ES), les phrases sont bien écrites (TES). Mais ça se corse avec l’auxiliaire avoir… Avec avoir, le plus troublant, c’est qu’il n’y a jamais d’accord avec le sujet de la phrase. Laissons tomber les histoires de complément d’objet direct qui semble-t-il embrouillent pas mal de monde. Je vais vous donner un truc plus simple : le participe passé employé avec avoir s’accorde si, au moment où il arrive dans la phrase, le nom (ou le pronom) avec lequel vous vous demandez s’il doit s’accorder est déjà écrit. 

Par exemple, "La décision que j’ai prise" : on accorde prise au féminin avec la décision, parce que le mot décision était prononcé avant le participe passé pris, donc je sais avec quoi l’accorder. Maintenant, si je dis : "J’ai pris une décision", au moment où je prononce le participe passé pris, "j’ai pris quoi ?", on ne le sait pas encore, donc on n’accorde pas. De même on écrira "les fleurs que j’ai prises" mais "j’ai pris des fleurs". Fastoche, finalement, non ?

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