2 min de lecture Histoire

Guerre d'Algérie : Macron reconnaît la torture et l'assassinat d'Ali Boumendjel par l'armée française

Cette reconnaissance officielle faite par le Président de la République ce mardi 2 mars fait partie des gestes d'apaisement recommandés par l'historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie.

Malika Boumendjel, veuve de l'avocat algérien Ali Boumendjel, lors d'un entretien le 5 mai 2001 sur les circonstances de la mort de son mari.
Malika Boumendjel, veuve de l'avocat algérien Ali Boumendjel, lors d'un entretien le 5 mai 2001 sur les circonstances de la mort de son mari. Crédit : Eric Feferberg / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

Près de 64 ans après les faits, Emmanuel Macron reconnaît ce mardi 2 mars, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné" par l'armée française, a annoncé l'Élysée. Les faits s'étaient déroulés en 1957 en pleine guerre d'Algérie, pendant laquelle le meurtre avait été maquillé en suicide.

"Au cœur de la Bataille d'Alger, il fut arrêté par l'armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957", détaille l'Élysée dans un communiqué. En 2000, l'ancien responsable des services de renseignement à Alger, "Paul Aussaresses avoua lui-même avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide," est-il écrit.

Le chef de l'État a a reçu les petits-enfants d'Ali Boumendjel ce mardi "pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s'est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné", ajoute la présidence française. "Il leur a également dit sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages encourager le travail des historiens par l'ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité".

Le président promet également dans le communiqué que ce geste "n'est pas un acte isolé". "Aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d'Algérie ne peut être excusé ni occulté".

Un geste d'apaisement recommandé par Stora

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Cet acte fait partie des gestes d'apaisement recommandés par l'historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit. "Ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l'apaisement et la réconciliation", conclut le communiqué, qui plaide pour "regarder l'Histoire en face, reconnaître la vérité des faits" pour "la réconciliation des mémoires".

"La génération des petits-enfants d'Ali Boumendjel doit pouvoir construire son destin, loin des deux ornières que sont l'amnésie et le ressentiment. C'est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu'il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires", affirme l'Élysée.

Le mois dernier, la nièce d'Ali Boumendjel, Fadela Boumendjel-Chitour, avait dénoncé un "mensonge de l'État (français, ndlr) qui fut dévastateur".

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