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ConvainQUant ou convainCant ?

Faut-il écrire fabriquant ou fabricant, communicant ou communiquant, convaincant ou convainquant ? Muriel Gilbert nous donne les clés du choix entre C et QU.

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ConvainQUant ou convainCant ? Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

C’est vrai qu’il y a pas mal de "cant/quand/quant" en français. Nous n’allons pas parler aujourd’hui du "quand" de "quand est-ce que tu arrives", ni du quant de "quant à moi, je m’en fiche", encore moins que du camp de vacances ou du joyeux French-can-can. Je vais répondre à un appel au secours de Fifine, sur langue@rtl.fr, au sujet du "quant/cant" que l’on trouve à la fin de certains mots : "SOS Muriel !, m’écrit-elle. Je ne sais jamais s'il faut écrire fabricant, convaincant, communicant ou trafiquant avec c ou qu ! Est-ce que vous auriez un truc pour m’aider ?". 

Et Fifine a toutes les raisons de douter, parce que cette répartition n’est pas toujours très logique. Pour commencer, dans beaucoup de cas (fabriquant, communiquant, provoquant, etc.), les deux graphies QUANT/CANT existent bien, mais elles ne sont surtout pas interchangeables !

En règle générale, c’est la nature du mot qui décide. Un mot qui se termine en QUANT est un participe présent : "en fabriquant cette table, en communiquant avec vous". Cette forme est donc naturellement invariable : elle ne peut se mettre ni au féminin ni au pluriel : on ne dit pas "en fabriquante cette table".

Quelques exceptions pour les mots en CANT

En revanche, quand "un fabricant discute avec un communicant", là ce sont des noms, et alors c’est la graphie C.A.N.T qui s’impose. Ces noms, comme tous les noms, s’accordent, eux, au féminin et au pluriel, naturellement. On peut avoir "des communicantes et des fabricantes".

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Et idem quand ces mots deviennent adjectifs : on peut installer tout ce monde-là "dans des bureaux communicants". Là, à votre avis, c’est qu ou c ? C. Puisque l’on peut accorder au féminin, des pièces communicantes, des bureaux communicants. Donc, mon truc, chère Fifine c’est : si on peut mettre le mot en cant au féminin, alors c’est un C.A.N.T. 

Mais bien sûr il y a des exceptions, comme toujours. La langue n’est pas mathématique et c’est ce qui fait son charme. Attaquant, choquant, croquant, délinquant, piquant, pratiquant ou trafiquant, notamment, ne s’écrivent qu’avec QU. Un trafiquant, une trafiquante, Q.U. dans les deux cas. 

Donc jamais de C pour ces mots-là… Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas, dans leur famille, de nom en CATION. C’est un peu comme si le C ne faisait pas partie de leur ADN. On dit bien fabrication, communication, on ne dit pas attacation, crocation ou pication, donc attaquant, croquant, piquant ne peuvent pas s’écrire avec un c. Bref, si un mot en quant n’a pas de dérivé en "cation", alors c’est un QUANT. C’est convaincant, amis des mots ?

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