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Épilepsie : que faire si on est témoin d’une crise ?

Le 14 février est la journée internationale de l'épilepsie. Comment reconnaitre une crise et que faire quand on en est témoin ?

Une image IRM d'un cerveau (illustration)
Une image IRM d'un cerveau (illustration)
Crédit : Timothy Rittman / University of Cambridge / AFP
7. L'enquête d'un neurologue face aux malaises mystérieux de sa patiente
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Philippine Rouvière Flamand

L'épilepsie touche près de 650.000 personnes en France selon les chiffres de la Fondation Française pour la Recherche sur l'Épilepsie (FFRE). Si la maladie, et surtout les symptômes qu'elle engendre sont plutôt bien traités, les personnes atteintes font plusieurs crises avant de se rendre compte de quoi ils souffrent.

Toutes les crises ne sont pas les mêmes. Certaines se caractérisent par des convulsions, d'autres pas des absences, ou encore par des troubles de la parole. Ces trois types de crises sont les plus fréquents, bien que des multitudes de crises existent.

Pour comprendre ce qu'est une crise d'épilepsie, il faut savoir que tout part du cerveau. D'après Passeport Santé, "l'épilepsie se caractérise par une augmentation soudaine de l'activité électrique dans le cerveau, entraînant une perturbation temporaire de la communication entre les neurones." Le plus souvent, ces crises sont de courte durée. 

Comment réagir quand on est témoin

Une crise d'épilepsie peut survenir à n'importe quel moment : dans la rue, au travail, en voiture … Dans ce dernier cas, une crise peut avoir des conséquences mortelles pour la personne atteinte, mais aussi pour celles qui l'entourent. Le premier reflex à avoir, peu importe le type de crise à laquelle on assiste, c'est d'appeler le 15 et de noter l'heure exacte du début de la crise.

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La crise la moins remarquable est l'absence. Brutalement, une personne va s'arrêter de parler en plein milieu d'une phrase, de marcher, de conduire … Le regard sera dans le vague et plus aucune expression ne viendra animer le visage. Ces crises durent à peine quelques secondes et la plupart du temps, la personne qui en est victime n'en gardera aucun souvenir. Si vous êtes témoin d'une telle crise, il faut conseiller la personne de consulter un médecin. Il est très difficile pour une personne de se rendre compte qu'elle souffre d'épilepsie quand ses crises ne consistent qu'en des absences. Elles peuvent survenir plusieurs fois par jour et sont peu impressionnantes, mais peuvent être dangereuses, si la personne est en train de conduire ou de nager par exemple.

Que faire en cas de convulsions ?

La plus impressionnante des crises est convulsive. Lorsqu'elle survient, la personne victime va d'abord se raidir totalement. Le risque est qu'elle tombe et se blesse dans sa chute. Cette phase ne dure que quelques secondes et si on en est témoin, il faut réagir vite pour retenir ou accompagner la personne dans sa chute.

Une fois cette phase passée, la personne va immédiatement convulser. Le meilleur reflex est de tout faire pour éviter qu'elle ne se blesse ou qu'elle blesse quelqu'un d'autre. Pour ça, il faut la mettre en position latérale de sécurité et l'entourer de choses qui pourront la protéger, comme des pulls, des manteaux, des sacs … Le mieux est de caler sa tête sur quelque chose de mou pour qu'elle ne se cogne pas sur le sol. Il ne faut pas essayer de déplacer la personne pendant cette phase de convulsion. Si elle tombe dans la rue, sur un passage piéton par exemple, il vaut mieux arrêter la circulation le temps que la crise passe.

Il n'est pas recommandé de protéger la langue de la personne qui convulse. C'est impossible de se l'arracher et de l'avaler. Si vous essayez de protéger sa langue, la personne peut vous mordre les doigts. Si vous mettez un objet dans sa bouche, elle risque de se blesser encore plus avec. Le risque est qu'elle se morde très fort la langue, ce qui est douloureux mais pas grave. D'autant que si elle saigne, elle ne pourra pas s'étouffer avec son sang si vous l'avez mise en position latérale de sécurité.

Il peut être assez instinctif de retenir la personne dans ses mouvements, de l'entraver. C'est inutile et dangereux. Inutile, parce que l'origine est cérébrale. Empêcher la personne de bouger n'aura aucun effet sur la cause de la crise. Il faut simplement attendre que ça passe et si la personne est bien protéger, elle ne risque rien. Entraver la convulsion peut être dangereux pour vous. La personne qui fait une crise ne contrôle plus aucun de ses mouvements. Ce sont des impulsions électriques qui provoquent ces mouvements, vous ne pouvez rien y faire et la personne ne peut pas contrôler sa force. Vous pouvez vous blesser en essayant de l'empêcher de bouger. 

Que faire en cas de troubles de la parole ?

Une des formes de crises fréquente, c'est le trouble de la parole. Chez une personne victime de ce genre de crise, le langage s'arrête ou se dérègle. À l'instar des autres crises, elle arrive brutalement, sans signe avant-coureur, et ne dure que quelques instants. La personne ne va pas non plus se rendre compte de ce trouble par elle-même. Comme pour les autres types de crise, il faut conseiller une consultation médicale pour qu'un traitement adapté soit trouvé.
Dans tous les cas de crise d'épilepsie, rien ne prouve que la personne entend ce qu'il se passe autour d'elle, mais rien ne prouve l'inverse. Il est donc conseillé de parler avec la personne pour la rassurer et lui expliquer que vous avez pris la situation en main, au cas où. Expliquez-lui que vous avez appelé les secours, que vous avez faits en sorte qu'elle ne se blesse pas et que la crise va bientôt se terminer (entre quelques secondes et cinq minutes). Le Dr. Laurent Vercueil, neurologue au CHU de Grenoble dans notre podcast Symptômes conseille également de filmer la scène, pour que le médecin ai le plus d'informations possible sur la crise et sur le type de malaises. 

Avancées sur la maladie

Il est, pour l'instant, impossible de prévoir l'arrivée d'une crise d'épilepsie. Or, comme le souligne le Dr. Laurent Vercueil, parlant d'une de ses patientes : "En fait, les malaises, elle les sent arriver. Elle sent quelque chose qui se passe en elle et qui la prévient. Cette perception est assez courte et elle ne peut pas se mettre en sécurité, par exemple si elle est debout."

Grâce à l'avancée de la recherche, si les médecins comprennent pourquoi les malaises arrivent, ils pourront éviter les crises qui blessent ou tuent les malades. "Et il y a beaucoup de progrès qui sont faits. Souligne le Dr Laurent Vercueil, si on arrive à mieux connaître les déterminants de la survenue d'une crise, on aura des moyens pour mieux la prévenir ou éventuellement, au minimum, de se protéger en cas de survenue imminente. La grande difficulté des crises d'épilepsie, c'est leur caractère inopiné. Si les gens savaient à quel moment ils feraient leur prochaine crise, leur vie serait quand même sacrément plus simple." D'après le neurologue, "la deuxième voie de recherche importante, c'est les mécanismes de l'épileptogénèse, c'est-à-dire comment est ce qu'un cerveau devient épileptique ? Qu'est-ce qui fait que, dans un cerveau, un circuit de neurones va devenir épileptique et par la suite, provoquer des crises ?"

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