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Nicolas a été capitaine de la légion étrangère. Sur RTL, il raconte tout ce que lui a apporté son engagement
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Avant de devenir officier, Nicolas Brault se destinait à l’enseignement. Issu d’une famille non-militaire, il raconte avoir grandi dans le Val-d’Oise avant d’intégrer Sciences Po Paris, puis d’enseigner l’histoire dans un collège de l’Île-Saint-Denis. C’est dans ce parcours très éloigné de l’institution militaire qu’émerge peu à peu une autre perspective. "La carrière qui me paraissait la moins dérisoire, c’était celle dans les armes", explique-t-il. Le déclic intervient après les attentats du 13 novembre 2015 : "À ce moment, j’ai su que je ne serais pas juste réserviste et que je m’engagerai pour de bon".
Par la suite, Nicolas sert comme officier à la Légion étrangère, une institution qu’il décrit comme unique dans l’armée française. Selon lui, elle fascine "parce qu’elle réussit ce que personne ne réussit". L'ancien capitaine précise sa pensée : "Elle réussit à transformer un 'ex-taulard' en héros de guerre". Derrière cette formule, il met en avant une réalité plus large : la capacité de la Légion à réunir 140 nationalités au service de la France et à faire tenir ensemble des hommes aux parcours, aux langues et aux histoires radicalement différents.
L'ex militaire insiste toutefois sur une distinction essentielle : "Je n’ai jamais été légionnaire, j’ai été officier de Légion". Il rappelle que les légionnaires étrangers suivent souvent des trajectoires bien plus rudes que la sienne : "Parfois, ils traversent la moitié du monde avec 20 dollars en poche", confie-t-il, avant d’ajouter : "Ils arrivent dans un pays qui n’est pas le leur, ils ne parlent même pas la langue". Dans ses unités, il dit avoir commandé des profils très différents, "d’anciens avocats, d’anciens officiers", mais aussi "un biologiste qui avait un doctorat", ou encore d’anciens délinquants, à l’exclusion, précise-t-il, des auteurs de "crimes sexuels ou de crimes de sang".
Ce qui m’a poussé à aller au bout de moi-même, c’était toujours le groupe derrière moi
Nicolas, ancien capitaine de la Légion étrangère
Ce qui distingue la Légion, selon lui, tient aussi à sa manière de fabriquer du collectif. Nicolas raconte qu’on peut y voir travailler ensemble "un Sud-Africain, un Népalais, un Moldave, un Brésilien", voire "un Ukrainien et un Russe". Pour rendre cela possible, une règle s’impose à tous : "La seule langue, c’est le français", affirme-t-il. Il précise même qu’il est "interdit de parler une langue étrangère à la Légion étrangère pendant les heures de service", une exigence pensée pour éviter les clans et préserver ce que l’institution appelle "l'amalgame".
Avant la Légion, puis dans les troupes de montagnes, Nicolas Brault découvre aussi une autre dimension du métier militaire : l’épreuve physique et mentale. "On vous confronte au vide, à vos peurs", dit-il en évoquant sa formation en montagne, alors même qu’il avait le vertige. Il décrit des progressions sur des crêtes où "vous avez 3 000 mètres de gaz à droite, 3 000 mètres de gaz à gauche". Dans ces moments-là, assure-t-il, la clé n’est pas l’héroïsme individuel mais l’appui du groupe : "Ce qui m’a poussé à aller au bout de moi-même, c’était toujours le groupe derrière moi".
Aujourd’hui, l'ancien capitaine prolonge cette expérience dans un travail de transmission sur l’autorité et le commandement. Il récuse l’idée selon laquelle, dans l’armée, il suffirait de donner des ordres pour être suivi : "Si vous pensez que dans l’armée, on donne des ordres et que les gens obéissent, c'est faux". Sa méthode tient en une formule simple : "Dans un ordre, il y a trois invariants : une intention, une commande, un délai". Mais il insiste surtout sur un principe plus concret encore, forgé au contact de ses hommes : l’autorité se construit dans les gestes du quotidien.
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