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"C’est évidemment une stratégie" : après les aveux de Cédric Jubillar et la découverte d'ossements, l'avocat de la cousine de Delphine appelle à "un repentir authentique"

Après la découverte d’ossements lors de nouvelles fouilles dans l’affaire Delphine Jubillar, l’avocat de la cousine de la disparue appelle à la prudence dans l’attente des expertises. Invité de RTL Midi, Maître Philippe Pressecq estime aussi que les aveux de Cédric Jubillar relèvent d’une stratégie de défense à l’approche du procès en appel.

Les fouilles pour retrouver les ossements de Delphine Jubillar, le 16 juillet 206

Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP

Céline Landreau & Eléonore Aparicio

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La découverte d’ossements dans le cadre des nouvelles fouilles jeudi 16 juillet, relance l’affaire Delphine Jubillar. Tant que les expertises ne sont pas rendues, aucune certitude n’est encore possible sur l’identité des restes retrouvés. Mais pour les proches de la disparue, cette étape marque déjà un moment décisif, après des années d’attente et de recherches.

Invité de RTL Midi ce jeudi 16 juillet, Maître Philippe Pressecq, avocat de Lolita, la cousine de Delphine Jubillar, décrit l’état d’esprit de sa cliente. "Elle est dans un état, je dirais, à la fois d'excitation, de soulagement et d'angoisse parce qu'elle ne sait pas si véritablement ses fouilles vont être couronnées de succès. "Je me félicite que la justice soit allée aussi vite", a également déclaré l'avocat

Des expertises attendues après la découverte d’ossements

Au micro de RTL, Maître Philippe Pressecq rappelle que la prudence reste de mise. "Est-ce qu'il s'agit bien des restes de la malheureuse victime ?" interroge-t-il. Pour lui, la suite dépend désormais du travail judiciaire et scientifique engagé après les déclarations récentes de Cédric Jubillar.

Dans l’immédiat, il explique : "Pour l'instant, nous attendons les résultats des expertises qui vont être menées." Et ajoute : "Nous espérons que très rapidement, nous saurons qu'enfin nous avons trouvé les traces et les restes de la victime." Si cela se confirme, souligne-t-il, "le procès pourra se tenir en septembre avec ces nouveaux paramètres".

Pour la famille, l’espoir de pouvoir enfin faire son deuil

Au-delà de la procédure, l’entretien rappelle ce que représente cette possible découverte pour les proches de Delphine Jubillar. Maître Philippe Pressecq raconte l’engagement de Lolita, qui, selon lui, a passé "des années à chercher" et consacré "tous les week-ends" à retrouver des traces de sa cousine.

L’avocat formule surtout ce que signifie l’absence de corps dans une affaire criminelle. "Vous savez, c'est très difficile de faire un deuil quand on n'a pas de corps", dit-il. Puis il ajoute : "Le corps mort, c'est la vérité du deuil, c'est la vérité de la mort."

Interrogé sur la zone de Villeneuve-sur-Vère où ont lieu les recherches, Maître Philippe Pressecq dit ne plus se souvenir précisément si elle avait déjà été fouillée, mais estime que cela a pu être le cas. Il souligne toutefois la difficulté du terrain, "tellement vaste, tellement accidenté", au point que "les services de gendarmerie ont pu passer à côté".

Avant le procès en appel, la question de la stratégie de Cédric Jubillar

L’autre enjeu de cette prise de parole concerne le procès en appel de Cédric Jubillar, prévu fin septembre, après sa condamnation en première instance à 30 ans de réclusion criminelle. Pour l'avocat, les aveux intervenus plus de cinq ans après la disparition s’inscrivent clairement dans une logique de défense.

"Alors c'est évidemment une stratégie pour obtenir une peine plus clémente", affirme-t-il. Il estime que la défense cherchera sans doute à soutenir l’idée que "la mort de Delphine Jubillar est accidentelle". Mais il fixe aussi une condition à une éventuelle évolution du regard porté sur l’accusé : "Jubillar a intérêt à faire preuve, enfin, d'une vraie authenticité."

L’avocat évoque la nécessité, selon lui, d’un "vrai repentir authentique". Il considère que Cédric Jubillar doit "parler à ses enfants", "dire les choses" et exprimer ses remords si la mort n’a pas été volontaire. En contraste avec la première instance, où il décrit "un personnage muré dans son mystère et dans ses dénégations", Maître Philippe Pressecq estime que l’appel devra être "la procédure de l'honnêteté et de l'authenticité". Selon lui, c’est "cette seule condition" qu’il pourra "espérer peut-être avoir un peu plus de clémence".

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